Stephen Leopold, un vieux routier de l'immobilier qui a été le seul Canadien à figurer dans un livre publié en 2006 par Donald Trump, tient aujourd'hui à se dissocier publiquement du candidat controversé à la présidence américaine.

Maxime Bergeron LA PRESSE

« Je suis embarrassé d'être dans le livre en ce moment », résume Stephen Leopold, qui a écrit l'un des 100 chapitres de l'ouvrage Trump : The Best Real Estate Advice I Ever Received.

Le Montréalais au franc-parler roule sa bosse depuis quatre décennies en immobilier commercial. Il a emporté ses pénates à New York en 1993, où il a rencontré Donald Trump à plusieurs reprises. Il a réalisé au moins trois transactions de location de bureaux dans des immeubles appartenant au magnat américain.

« PAS ACCEPTABLE »

S'il a été honoré à l'époque de figurer dans le livre de Trump, Stephen Leopold se dit aujourd'hui outré par les propos « haineux » tenus par le candidat républicain depuis six mois. « Ce qu'il a dit sur toutes sortes de sujets, comme les femmes, les handicapés, les vétérans, les gens issus de la communauté LGBT, les Mexicains ou les musulmans, ce n'est pas acceptable », lance-t-il en entrevue à La Presse.

« Je ne veux pas que les gens pensent que ma présence dans le livre signifie que je suis un supporteur de Trump et de ses idées. Je veux me dissocier de ses idées et que ce soit très clair. »

Stephen Leopold dénonce par ailleurs les politiques économiques de Donald Trump, qui souhaite mettre la hache dans l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). « Les États-Unis sont nos meilleurs amis, notre meilleur partenaire. Ce qu'il [Trump] pense du libre-échange, ça pourrait faire très mal au Québec et au reste du Canada. »

L'homme de 64 ans souligne qu'on lui parle encore régulièrement de sa présence dans le livre de Donald Trump, qui a été réédité en 2012.

Qui est Stephen Leopold ?

Stephen Leopold a lancé sa première firme en 1977 à Montréal, devenue au fil des ans l'une des plus grandes en Amérique du Nord à représenter uniquement les intérêts des locataires de bureaux. Il a emporté ses pénates à New York en 1993. Il a réalisé son coup le plus fumant en créant de toutes pièces une immense foire alimentaire de 8000 m2 au World Trade Center. Il a vendu sa participation peu avant les attentats du 11 septembre 2001. Depuis son retour au Québec en 2010, Stephen Leopold a notamment fondé AudaCité Montréal, qui militait pour un nouveau pont Champlain à l'architecture iconique, et proposé d'installer des trottoirs chauffants et des bornes de recharge électrique rue Saint-Catherine, au centre-ville. Ces idées ont été incluses dans les plans de revitalisation de l'artère.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Quelques conseils de Stephen Leopold se retrouve dans Trump : The Best Real Estate Advice I Ever Received, publié en 2006.