Un fossé générationnel semble s’installer chez les Canadiens quant aux craintes d’être infectés par la COVID-19.

Mis à jour le 20 juillet
Vincent Larin
Vincent Larin La Presse
Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse

Selon une étude menée par la firme de sondage Angus Reid, plus de la moitié (53 %) des adultes au pays se disent toujours inquiets face à la possibilité de développer la COVID-19.

Or, les personnes âgées sont beaucoup plus inquiètes de cette éventualité que leurs cadets. En effet, environ sept personnes sur dix (68 %) âgées de plus de 54 ans disent craindre d’être infectées, un taux beaucoup moins élevé chez ceux âgés de 35 à 54 ans (44 %) et encore moins chez les 18 à 34 ans (43 %).

« Durant la pandémie, les Canadiens les plus âgés sont ceux qui ont été les plus susceptibles de développer des symptômes graves liés à la COVID-19, d’où leur sentiment d’inquiétude plus élevé que chez ceux âgés de moins de 54 ans », note la firme Angus Reid dans son étude.

Malgré tout, l’écart entre le sentiment d’inquiétude ressenti par les personnes âgées de 35 à 54 ans et ceux de 55 ans et plus n’a jamais été aussi important que présentement.

Extrait de l’étude de la firme Angus Reid

De l’autre côté du spectre, environ le quart des Canadiens (26 %) disent être peu inquiets quant au risque de développer la COVID-19 et moins du quart (21 %) affirment ne pas s’en faire du tout.

À noter, le sentiment d’inquiétude général dans la population reste beaucoup moins important qu’au moment de l’apparition du variant Omicron, avant le temps des Fêtes l’an dernier. Trois Canadiens sur cinq consultés par Angus Reid se disaient alors inquiets à l’idée de contracter la COVID-19.

La moitié des Canadiens annulent des plans

Au moment où les mesures sanitaires ont été levées presque partout au pays, les Canadiens doivent s’en remettre à leur propre jugement pour évaluer le risque qu’ils courent devant la maladie, souligne Angus Reid.

Dans ce contexte, la moitié d’entre eux (46 %) environ décident à l’occasion de ne pas participer à certains évènements ou ont annulé des voyages puisqu’ils craignaient de contracter la COVID-19.

Les femmes de plus de 54 ans sont d’ailleurs le plus sujettes à modifier leurs plans pour cette raison (57 %). Et malgré tout, plus de la moitié (54 %) disent ne pas avoir changé leurs plans, dont une bonne majorité des hommes de moins de 55 ans (63 %).

Le bilan s’alourdit

Pendant ce temps, au Québec, le bilan COVID-19 s’est encore grandement alourdi mardi alors que les autorités rapportent 35 décès supplémentaires et une hausse de 82 hospitalisations.

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Les 35 nouveaux décès rapportés mardi portent la moyenne quotidienne calculée sur sept jours à 15. La tendance est en hausse de 29 % sur une semaine.

Les 1960 personnes hospitalisées présentement représentent une hausse de 18 % sur une semaine. Aux soins intensifs, on note aussi une hausse de 17 patients, pour un total de 55. Cela représente une augmentation de 45 % sur une semaine.

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Et le nombre de personnes hospitalisées risque de continuer à augmenter au cours des prochains jours alors que le nombre d’admissions continue à surpasser les sorties. On recense en moyenne 42 patients de plus chaque jour.

Le nombre de travailleurs absents en raison de la pandémie a augmenté. Ils étaient 6967 mardi à devoir s’isoler.

La hausse des cas se poursuit

Les 2219 nouveaux cas rapportés mardi portent la moyenne quotidienne à 1944. La tendance est ainsi en hausse de 26 % sur une semaine. Ces chiffres ne reflètent vraisemblablement qu’une partie des infections totales, en raison de l’accès limité aux tests de dépistage par PCR. D’ailleurs, la part des tests de dépistage par PCR s’avérant positifs à la COVID-19 demeure élevée, à 16,5 %.

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En plus des cas dépistés par tests PCR, 1301 personnes ont rapporté ces derniers jours avoir obtenu un résultat positif à un test rapide. Les cas autodéclarés, qui ne sont pas inclus dans les cas rapportés quotidiennement, sont stables sur une semaine.

Après une hausse depuis la fin de juin, la campagne de vaccination semble désormais plafonner. Le Québec administre en moyenne 10 550 doses par jour. Il s’agit principalement de personnes de 55 ans et plus venant chercher leur 4e dose.

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À ce jour, 83,6 % des Québécois ont reçu deux doses, mais seulement 52,8 % en ont eu trois et 15,8 %, quatre.

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