Les indicateurs de transmission de la COVID-19 se stabilisent ou diminuent un peu partout au pays, mais une recrudescence est « possible » au cours de l’été avec l’arrivée des nouveaux variants BA.4 et BA.5 de la famille Omicron, prévient la santé publique fédérale.

Mis à jour le 17 juin
Frédéric Lacroix-Couture La Presse Canadienne

Ces variants ont un « avantage de croissance » par rapport aux autres et semblent avoir un échappement immunitaire, a indiqué l’administratrice en chef de la santé publique fédérale, la Dre Theresa Tam, en point de presse vendredi, pour faire le point sur la situation de la COVID-19 et de la variole simienne.

L’agence fédérale a observé que les BA.4 et BA.5 ont gagné du terrain dans les dernières semaines. Cette tendance se constate aussi en Europe, notamment au Portugal où le BA.5 est devenu dominant, causant une montée des infections.

Même si l’été est habituellement synonyme d’un ralentissement pour le virus, « c’est possible qu’on puisse avoir une recrudescence ici au Canada », a affirmé l’administrateur adjoint de la santé publique du Canada, Dr Howard Njoo.

« On commence à voir une augmentation de pourcentage des variants BA.4 et BA.5. C’est quelque chose à suivre », a-t-il ajouté, sans toutefois pouvoir préciser les régions qui connaissent en ce moment une activité accrue de la COVID-19 au pays.

Les Drs Tam et Njoo ont invité à rester préparé à une résurgence et à prendre des mesures de protection individuelle, comme la vaccination, alors que les occasions pour se rassembler seront plus nombreuses pendant la saison estivale.

Par ailleurs, le Dr Njoo a confirmé que Santé Canada analyse actuellement une demande de Moderna pour administrer son vaccin contre la COVID-19 aux enfants de moins de cinq ans. Une décision devrait être rendue dans les prochaines semaines.

Les États-Unis ont autorisé vendredi les vaccins de Pfizer et de Moderna chez les tout-petits dès l’âge de six mois.

Pfizer Canada a indiqué par courriel que l’entreprise prépare un dossier à soumettre aux autorités canadiennes, mais ne pouvait donner un échéancier quant au dépôt de sa demande.

168 cas de variole simienne

Sur le plan de la variole simienne, le Canada compte en date du 17 juin 168 cas, dont la grande majorité sont au Québec avec 141 infections rapportées. L’Ontario suit avec 21 cas ; arrivent ensuite l’Alberta et la Colombie-Britannique, avec respectivement quatre et deux cas, ont indiqué les deux médecins en chef.

« Les autorités locales de santé publique nous disent que le taux de croissance semble être en voie de ralentir, mais nous devons surveiller la situation dans les prochaines semaines », a spécifié la Dre Tam.

Tous les cas dont des renseignements ont été fournis à l’Agence de santé publique du Canada sont des hommes âgés entre 20 et 69 ans, et plusieurs se rapportent à des contacts sexuels avec d’autres hommes.

Néanmoins, toute personne, quel que soit son orientation sexuelle ou son sexe, peut être infectée par le virus ou le propager, ont rappelé les autorités fédérales.

La tenue de nombreux évènements et festivals, notamment en lien avec le mois des Fiertés, sera une occasion de sensibiliser la population à la maladie pour briser la chaîne de propagation.

« Nous examinons toutes les façons dont on peut freiner la transmission. L’une des choses importantes que l’on fait, c’est d’augmenter la sensibilisation tant dans les communautés touchées que parmi les travailleurs de la santé », a affirmé la Dre Tam.

Les messages pour éviter la stigmatisation d’une communauté seront également importants, a-t-elle précisé.

La transmission peut survenir lors de contacts étroits avec une personne atteinte ou avec des objets personnels qu’elle a utilisés comme de la literie.

Au Québec, la santé publique a élargi cette semaine la vaccination aux hommes qui comptent avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes. Elle était auparavant réservée aux personnes ayant eu des contacts avec des personnes infectées par le virus.

La directrice régionale de santé publique de Montréal, Dre Mylène Drouin, a mentionné mardi que la métropole québécoise était l’épicentre de la variole simienne en Amérique, alors qu’elle comptait 126 cas.

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

L’Organisation mondiale de la santé doit convoquer la semaine prochaine un comité d’urgence d’experts pour déterminer si cette épidémie croissante doit être considérée comme une urgence sanitaire mondiale.

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.