La baisse des hospitalisations et des décès liés à la COVID-19 se poursuit au Québec, mais le nombre de cas tend à se stabiliser. Cette stabilisation survient alors que de nouveaux variants provoquent une nouvelle vague aux États-Unis et dans certains pays en Europe.

Mis à jour le 27 mai
Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse

Vendredi, le Québec rapporte 10 nouveaux décès, portant la moyenne quotidienne calculée sur sept jours à neuf. La tendance est en baisse de 24 % sur une semaine.

La province rapporte également vendredi une diminution de 27 hospitalisations. Les 1288 personnes hospitalisées présentement représentent une baisse de 14 % sur une semaine. Aux soins intensifs, les 36 patients représentent une diminution de 29 % sur une semaine.

Le nombre de personnes hospitalisées devrait continuer de diminuer au cours des prochains jours, le nombre de sorties continuant de surpasser les admissions. On recense en moyenne 29 patients de moins chaque jour.

Les 590 nouveaux cas rapportés vendredi portent la moyenne quotidienne à 525. La tendance semble vouloir se stabiliser. Ces chiffres ne reflètent vraisemblablement qu’une partie des infections totales en raison de l’accès limité aux tests de dépistage par PCR. D’ailleurs, la part des tests de dépistage par PCR s’avérant positifs à la COVID-19 demeure élevée, à 6,6 %.

En plus des cas dépistés par tests PCR, 334 personnes ont également rapporté ces derniers jours avoir obtenu un résultat positif à un test rapide. Les cas autodéclarés, qui ne sont pas inclus dans les cas rapportés quotidiennement, sont stables sur une semaine.

Variants sous surveillance

Cette stabilisation des cas au Québec survient alors que les États-Unis connaissent une nouvelle vague, ainsi que certains pays en Europe. Depuis peu, le sous-variant BA.2.12.1 est devenu dominant au sud de la frontière, représentant plus de la moitié des nouveaux cas. Son arrivée du côté américain a entraîné une recrudescence des cas, ainsi que des hospitalisations et des décès.

La présence de BA.2.12.1 demeure encore faible au Québec, bien que le sous-variant tend à prendre de plus en plus de place. Selon les données de l’Institut national de santé publique du Québec, il représentait 8,7 % des cas séquencés dans la province durant la semaine du 15 mai. Cela représente le double de la semaine précédente.

À l’Hôpital général juif, le spécialiste des maladies infectieuses, le DMatthew Oughton, appelle les autorités québécoises à « opérer une surveillance du variant BA.2.12 », afin de s’assurer qu’il ne cause pas d’augmentation des cas comme ce qu’on voit en ce moment aux États-Unis.

« Pour l’instant toutefois, je crois que les gens de voir une explosion des cas comme on a vu dans le passé, au Québec, sont relativement faibles. Cela dit, est que ça veut dire qu’on est à l’abri éventuellement d’une autre vague ? Pas du tout. Ce variant mérite d’être surveillé de près pour s’y préparer en cas de besoin », nuance l’expert.

D’après lui, « l’ère Omicron » n’a pas fini de se décupler, et il faudra forcément s’attendre à composer avec d’autres sous-variants dans les prochains mois, dont plusieurs sont déjà en circulation à travers le monde.

Quant aux variants BA.4 et BA.5 qui alimentent une nouvelle vague dans certains pays européens, ils se font peu sentir pour le moment. Les cas liés à BA.4 représentent 1 % des cas séquencés au Québec et aucune donnée n’était disponible pour BA.5.

Vaccination au ralenti

La campagne de vaccination continue à ralentir. Le Québec administre en moyenne 8000 doses par jour, en baisse de 36 % sur une semaine. À ce jour, 83,4 % des Québécois ont reçu deux doses, mais seulement 52 % trois et 12,9 % quatre.

Avec Henri Ouellette-Vézina, La Presse

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