Malgré la hausse des infections et des hospitalisations, aucune restriction ne sera imposée au Québec. Comme partout dans le monde, il faut maintenant « maîtriser son propre risque », affirme la Santé publique. Au quotidien, de « petits gestes » ont en effet prouvé leur efficacité pour diminuer au maximum la transmission du virus, pour en finir le plus rapidement possible avec la sixième vague.

Publié le 14 avril
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

1. S’isoler pendant 10 jours

Pour le directeur national de santé publique par intérim, le DLuc Boileau, la priorité est de « compléter son isolement » en cas de diagnostic positif. Il faut alors s’isoler pendant cinq jours à la maison, puis « maintenir une forme d’isolement pendant cinq jours de plus », soit en portant le masque lors d’interactions, et en n’allant pas au restaurant ou dans des salles de spectacle. Le Dr Luc Boileau recommande aussi, durant ces cinq jours, de s’abstenir de « visiter des amis » ou, « pire encore », d’aller visiter des personnes vulnérables, par exemple ses grands-parents dans un CHSLD ou une résidence privée.

2. Bien évaluer ses contacts

Maîtriser son risque, ça veut aussi dire être « prudent » autant que faire se peut. Ainsi, la Santé publique recommande « de ne pas être en contact avec des gens qui ont eu des symptômes depuis une dizaine de jours », ou encore qui font la maladie « depuis moins de dix jours ». Il ne faudrait pas non plus accepter d’être en contact avec quelqu’un qui commence à avoir des symptômes. « Bref, on ne reçoit pas ou n’est pas invités chez des gens qui ont un profil de risque », affirme le DBoileau. S’il appelle à une vigilance accrue en prévision du long week-end pascal, il n’entend pas imposer de limites aux rassemblements. « Les gens commencent à connaître [les risques], ils peuvent gérer leurs risques. »

3. Utiliser l’« arsenal »

En cas de doute, « il faut absolument avoir la capacité d’utiliser les tests rapides », rappelle la Dre Marie-Pascale Pomey, spécialiste en politiques publiques à l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM). Elle appelle à « reprendre l’application des règles de base », dont le lavage fréquent des mains, le port du masque lors de grands rassemblements, la distanciation. « Bref, utilisons l’arsenal dont nous disposons. Pour le reste, il revient à chacun de juger. Ça serait intéressant, d’ailleurs, de développer un outil plus complet, pour permettre aux gens de faire une analyse de risque en fonction de leur santé, leur environnement, leur travail, mais aussi leur statut vaccinal. On est rendus là », ajoute-t-elle.

4. Profiter de la vaccination

Avec l’arrivée de la sixième vague, la campagne de vaccination québécoise connaît un regain depuis quelques jours. Et c’est tant mieux, juge le DBoileau, qui a rappelé mercredi qu’on devait tous « profiter » de la troisième dose. Celle-ci n’a pour l’instant été administrée qu’à 50,8 % des Québécois. « La dose de rappel reste très efficace pour prévenir les infections graves de la COVID-19, et ce, pendant au moins cinq mois », a souligné le directeur national. Malgré un engouement pour la quatrième dose, « il reste encore beaucoup de rendez-vous disponibles », a aussi signalé mercredi le directeur de la vaccination, Daniel Paré. Selon ses chiffres, pas moins de 17 000 résidants en CHSLD ont déjà reçu leur quatrième dose.

5. Éviter les évènements « super-propagateurs »

Selon le DAndré Veillette, chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), il importe aussi d’éviter les situations « à risque plus élevé », qu’on qualifie d’évènements « super-propagateurs ». « Ça veut dire par exemple être avec un grand groupe de gens, dont des non-vaccinés, à l’intérieur et dans un milieu pauvrement ventilé. Ça, c’est le risque le plus élevé, à mon sens », explique-t-il. L’expert recommande ainsi, pour diminuer les risques, de côtoyer de plus petits groupes, idéalement à l’extérieur, et de faire un test rapide au préalable « si possible ». « C’est le genre d’éthique que j’appliquerais pour Pâques, en fin de semaine, par exemple », conclut-il.

Comment utiliser le test rapide ?

En conférence de presse mercredi, le DLuc Boileau a rappelé l’importance de passer un test rapide en cas de symptômes.

Depuis bon nombre de jours, des experts recommandent de frotter l’écouvillon des tests rapides d’abord dans la bouche avant de le faire dans les narines, ce qui permettrait de diminuer le taux de faux négatifs.

Après avoir frotté l’écouvillon dans la gorge, la tige doit être insérée puis tournée à au moins un demi-pouce (1,25 cm) à l’intérieur d’une narine. La narine doit ensuite être compressée pour piéger la pointe de l’écouvillon. La procédure doit être répétée dans l’autre narine.

Lorsque les étapes précédentes sont faites, l’écouvillon doit être déposé dans un tube contenant le liquide d’extraction, durant le temps indiqué par le fabricant.

Il suffit alors de déposer trois gouttes du liquide sur la plaquette du test et d’attendre 15 minutes. Si deux lignes apparaissent, le test est positif. Si une seule ligne apparaît, le test est négatif.