Signe que la sixième vague est bien présente, près d’une personne sur cinq au Québec croit qu’elle développera des symptômes associés à la COVID-19 dans la prochaine semaine, selon de nouvelles données. Un nombre supérieur à celui de janvier.

Publié le 8 avril
Ariane Lacoursière
Ariane Lacoursière La Presse
Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse

La Presse a obtenu mercredi les plus récentes données compilées par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) sur la COVID-19. Depuis janvier, des chercheurs du CIRANO ont voulu pallier la faiblesse des données sur le nombre de cas au Québec, fragilisées par un accès limité aux tests PCR, en mesurant l’incidence de la COVID-19 dans la province. Les chercheurs Roxane Borgès Da Silva, David Boisclair, Vincent Boucher, Nathalie de Marcellis-Warin, Pierre-Carl Michaud et Ingrid Peignier sondent chaque semaine un échantillon représentatif de 3000 adultes québécois. On demande aux répondants s’ils ont eu la COVID-19 dans les sept derniers jours. Les répondants peuvent avoir obtenu un résultat positif à un test rapide ou PCR, ou il peut s’agir d’un autodiagnostic sur la base de symptômes.

Durant la dernière semaine, de 23 500 à 43 500 personnes par jour ont rapporté un diagnostic positif à la COVID-19. Il faut revenir à la semaine du 20 janvier 2022 pour voir un nombre aussi élevé. Alors que 3,8 % des répondants avaient affirmé avoir été en isolement à cause de la COVID-19 dans la semaine du 24 au 29 mars, cette proportion a grimpé à 5,7 % dans la dernière semaine.

De 224 000 à 305 000

Nombre de personnes ayant contracté la COVID-19 au cours de la période de sept jours entre le 31 mars et le 5 avril 2022, selon la méthode d’estimation du CIRANO

Source : Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations

En une semaine, l’incidence des cas estimée par le CIRANO a augmenté de 30 % à 40 %. « Si on a la même hausse la semaine prochaine, on pourrait bien dépasser le pic de la cinquième vague », note Mme Borgès Da Silva, qui croit que cette situation pourrait entraîner du délestage dans les hôpitaux. « On a un système de soins fragile. Si l’absentéisme augmente beaucoup avec la hausse des cas, on pourrait mettre certains établissements, dans certaines régions, en situation plus vulnérable », dit-elle.

Mme Da Silva note que depuis janvier, le nombre de cas enregistrés quotidiennement n’est jamais redescendu aussi bas que l’automne dernier, où on pouvait connaître des journées à 2000 nouveaux cas ou moins. « Le plus bas qu’on ait connu depuis janvier, c’est 13 400 cas par jour dans la semaine du 10 au 15 mars », constate-t-elle.

Hausse importante dans l’ouest du Québec

Les augmentations les plus marquées dans le nombre de cas sont enregistrées cette semaine dans les régions de l’Outaouais, de la Capitale-Nationale, de l’Estrie et de la Mauricie–Centre-du-Québec. En Outaouais, la proportion de la population touchée par le virus est passée de 2 % à plus de 5 % en une semaine. Les régions de l’est du Québec, particulièrement frappées la semaine dernière, semblent se diriger vers un plateau. « Il faudra toutefois une semaine de plus pour confirmer cette stabilisation », estime Mme Da Silva.

Tous les groupes d’âge enregistrent une hausse de la proportion de répondants disant avoir eu la COVID-19. Mais la hausse est particulièrement marquée chez les jeunes de 18-29 ans, où la proportion d’individus infectés est passée de 4,66 % à 7,81 % en une semaine. Chez les 50-59 ans, cette proportion est passée de 2,37 % à 4,32 %, et chez les 30-39 ans, de 4,50 % à 6,74 %.

Bilan quotidien

Le bilan quotidien du gouvernement a fait état mercredi de 28 décès supplémentaires, ainsi que d’une hausse de 42 hospitalisations. Les 28 décès rapportés jeudi portent la moyenne quotidienne calculée sur sept jours à 17. La tendance est en hausse de 52 % depuis une semaine.

Le Québec a également rapporté 42 nouvelles hospitalisations. Les 1582 personnes hospitalisées actuellement représentent une augmentation de 28 % sur une semaine. Par contre, la situation est moins tendue aux soins intensifs, qui enregistrent une baisse de 3 % sur une semaine.

Les 3777 nouveaux cas rapportés jeudi portent la moyenne quotidienne à 3044. La tendance est ainsi en hausse de 29 % sur une semaine. Ces chiffres ne reflètent vraisemblablement qu’une partie des infections totales, en raison de l’accès limité aux tests de dépistage par PCR. En plus des cas dépistés au moyen de tests PCR, 2580 personnes ont rapporté ces derniers jours avoir obtenu un résultat positif à un test rapide.