Le Canada mènera une enquête pour en apprendre davantage sur la « COVID longue », un syndrome encore mal compris. Dans cette étude, qui débutera cette semaine, 100 000 personnes choisies au hasard dans tout le pays seront invitées à répondre à une enquête en ligne et à transmettre un échantillon de sang.

Publié le 5 avril
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

« Je trouve que cette initiative est excellente. Ce genre d’étude va être très riche en données et pourrait nous permettre d’avoir des hypothèses pour d’éventuels traitements », se réjouit la Dre Emilia Falcone, qui a mis sur pied la clinique post-COVID de Montréal à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).

Au gouvernement, on espère que cette étude permettra d’évaluer la prévalence de la COVID-19 longue au Canada, tout en obtenant des renseignements sur les facteurs de risque, les symptômes et les répercussions de ce syndrome sur la vie quotidienne.

Pour l’heure, les informations sur le syndrome post-coronavirus demeurent limitées, a d’ailleurs indiqué en ce sens l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, dans un communiqué paru récemment.

« L’approfondissement de nos connaissances sur la COVID-19, y compris sur ses effets à long terme, est crucial à notre intervention face à la pandémie et à notre relance », convient aussi le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos.

Cette recherche visera également à mieux comprendre les effets de la pandémie sur la santé et le bien-être des Canadiens. L’accès aux soins de santé sera de plus étudié.

Statisticien en chef chez Statistique Canada, Anil Arora précise de son côté que « les chercheurs et les décideurs ont encore besoin de renseignements cruciaux pour mieux comprendre non seulement le virus comme tel, mais aussi ses répercussions sociales, économiques et sanitaires ».

Estimer le nombre d’infections

Au total, 100 000 Canadiens de 18 ans et plus, choisis au hasard, recevront donc de Statistique Canada une invitation à participer à l’enquête prochainement. Dès cette semaine, quelque 33 000 premiers participants sélectionnés recevront une trousse par la poste. Le reste des trousses d’analyse sera distribué en mai et en juin.

En plus des invitations à répondre à l’enquête en ligne, les répondants recevront des tests d’analyse de gouttes de sang séché à faire grâce à un prélèvement au doigt, afin d’y dépister des anticorps contre le virus.

Les tests sanguins permettront d’obtenir une estimation du nombre de Canadiens qui ont déjà eu une infection au virus. Depuis quelques mois, le recours aux tests PCR pour le dépistage du virus a beaucoup diminué. Au Québec, les tests sont réservés au personnel soignant et à risque. Le nombre de cas déclarés quotidiennement ne reflète vraisemblablement qu’une partie des infections totales.

« Étant donné que de nombreux membres de la population canadienne vaccinés ne présentent que des symptômes légers, voire aucun, les taux d’hospitalisation ne nous donnent pas non plus une image complète de la COVID-19 au Canada », a indiqué Catherine Hankins, coprésidente du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19.