Parce que la situation épidémiologique « va vraiment mieux » au Québec, la Santé publique se dit parfaitement à l’aise avec le devancement des allégements sanitaires et la fin annoncée du port du masque. Mais elle prévient que des risques existent toujours, et qu’il reviendra à chacun de s’y adapter.

Publié le 3 mars
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Ça va vraiment mieux que ça allait il y a quelques semaines encore. C’est toujours à la baisse, autant le nombre de cas, d’éclosions et d’hospitalisations. Tout va dans le même et le bon sens de façon cohérente. Et c’est très encourageant », a expliqué le directeur national de santé publique, le DLuc Boileau, en conférence de presse jeudi.

Il affirme que l’arrivée de la semaine de relâche scolaire constitue toutefois un certain « risque ». « C’est souvent une occasion propice d’augmenter les contacts, et donc de générer des risques supplémentaires d’hospitalisations. C’est important de suivre ça. […] Il faut continuer à être prudents dans la façon dont on continue le déconfinement. Il ne faut pas courir après les risques de contagion », a soulevé M. Boileau.

Mercredi, Québec a confirmé que le port du masque prendra fin « au plus tard à la mi-avril » dans tous les lieux publics. Il demeurera toutefois obligatoire dans les transports en commun jusqu’en mai minimalement. Le masque restera aussi pour le moment dans les milieux de soins, incluant les CHSLD.

Pour Luc Boileau, le port du masque va éventuellement « devenir un choix personnel dans le cadre d’une progression vers une vie normale ». « S’il y a des gens qui sont plus à l’aise de le porter, c’est évident qu’ils pourront le faire. On ne recommandera pas de ne pas le porter, on va recommander de ne pas le rendre obligatoire », a-t-il avancé. En parlant d’une « gestion personnelle du risque », il a également rappelé que plusieurs Québécois « vont vouloir continuer à utiliser le masque, et c’est tant mieux ». « On va donner des signaux clairs pour les gens qui sont à risque de bien vouloir les utiliser », a-t-il précisé, ajoutant qu’une certaine « hygiène civique » pourrait éventuellement s’installer.

La Santé publique rappelle toutefois disposer d’un préavis de « dix jours » pour changer ses décisions. « Si on voit qu’un plateau s’installe, ça ne nous inquiétera pas beaucoup. Et si on voit une augmentation, probablement qu’on sera un peu plus restreints à enlever le port du masque. Mais s’il y a une hausse, avec la [relâche] scolaire, on n’anticipe pas que cette hausse va se poursuivre au-delà de la mi-avril. »

Dès le 12 mars, soit deux jours plus tôt, tous les lieux publics pourront aussi passer à 100 % de capacité. Il n’y aura plus de limite de capacité par table dans les restaurants et les bars. Ceux-ci pourront aussi revenir à un horaire normal, et cesser de tenir un registre des visiteurs. La danse et le karaoké seront également de nouveau permis, et il n’y aura plus de limites quant au nombre de participants dans une salle louée. Le passeport vaccinal prendra aussi totalement fin.

Novavax bientôt disponible

Deux semaines après son approbation par Santé Canada, le vaccin de Novavax sera par ailleurs bientôt disponible au Québec, a annoncé le DBoileau. « C’est un vaccin qui est fait différemment, et qui pourrait constituer une solution pour les gens qui sont hésitants à utiliser le vaccin ARN », a-t-il soulevé.

Le Nuvaxovid est en effet un vaccin à base de protéines, pendant que ceux de Pfizer ou encore de Moderna s’appuient plutôt sur la technologie à ARN messager. C’est le premier du genre à être approuvé au Canada. Plusieurs experts croient comme M. Boileau qu’un vaccin sans ARNm pourrait convaincre certaines personnes hésitantes qui n’ont toujours pas reçu une dose de vaccin.

Au total, le Québec devrait recevoir plus de 220 000 doses de ce nouveau vaccin, qui serait disponible dès « la troisième semaine de mars », selon le directeur national de santé publique. À terme, la production du vaccin de Novavax sera faite à Montréal, dans les nouvelles installations de l’entreprise qui sont situées au Conseil national de recherches Canada (CNRC), avenue Royalmount.

En principe, Novavax estime être en mesure de produire environ 2 millions de doses de son vaccin par mois dans ses installations montréalaises. Son vaccin a déjà été autorisé dans d’autres pays, dont le Royaume-Uni, l’Australie et Singapour.