Le déconfinement du Québec, qui doit culminer avec la levée de l’essentiel des mesures sanitaires le 14 mars, ne « devrait pas causer de recrudescence importante des cas et des hospitalisations » dans le Grand Montréal, en comparaison avec le pic de janvier dernier.

Mis à jour le 2 mars
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

C’est du moins ce que prévoit l’Institut national de santé publique (INSPQ), dans de nouvelles modélisations rendues publiques mercredi. « Si le nombre de cas de la 5e vague est effectivement très élevé comme le suggèrent nos modélisations, le potentiel épidémique d’Omicron pourrait être limité, même dans un contexte d’assouplissement graduel des mesures sanitaires », affirme le directeur du Groupe de recherche en modélisation mathématique de l’Université Laval, Marc Brisson, qui dirige les modélisations de l’Institut.

Son groupe s’appuie sur le fait qu’environ une personne sur trois aurait été infectée par la COVID-19 depuis le 1er décembre dernier dans le Grand Montréal. La semaine dernière, le directeur national de santé publique, le DLuc Boileau, révélait qu’au moins trois millions de Québécois ont été infectés par le virus depuis le début de la cinquième vague. « La vague Omicron a sans doute été plus forte que ce qu’on a pensé. […] Tout va dans le bon sens », avait-il alors résumé, indiquant aussi qu’au total, entre 35 % à 40 % des enfants ont déjà été en contact avec la maladie.

En outre, deux scénarios de contacts sociaux en lien avec les assouplissements des mesures ont été modélisés. Le premier, qui se veut « optimiste », suggère une augmentation graduelle des contacts sociaux à la suite des assouplissements, alors que le scénario plus « pessimiste » suppose une hausse plus rapide et importante des contacts sociaux.

Dans le scénario optimiste, « les cas, les nouvelles hospitalisations et les décès se stabiliseraient ou continueraient de diminuer », affirment les chercheurs. Cela dit, dans le scénario pessimiste, « il pourrait y avoir une recrudescence de la transmission, et par conséquent, de nouvelles hospitalisations et de nouveaux décès, mais les niveaux resteraient largement inférieurs à ceux du pic de la cinquième vague », notent-ils.

Ces projections pourraient être moins encourageantes s’il reste un bassin de personnes susceptibles à l’infection plus important qu’estimé, s’il y a une perte d’efficacité vaccinale ou si un nouveau variant plus transmissible se propage.

Extrait du rapport de l’INSPQ

M. Brisson réitère qu’il faudra aussi surveiller l’arrivée possible de nouveaux variants plus transmissibles. « À titre exploratoire, nous avons procédé à des projections dans l’éventualité où le variant BA.2 serait 1,4 fois plus transmissible qu’Omicron. Le modèle prédit que les cas, les nouvelles hospitalisations et les décès pourraient augmenter en mars, mais n’atteindraient pas les pics observés en janvier 2022, même dans un scénario pessimiste », explique-t-il.

« Il faut continuer à porter une attention particulière aux personnes plus âgées, qui ont été moins touchées par la 5e vague et dont la protection dépend principalement du maintien d’une haute efficacité vaccinale », soulève aussi le vice-président associé aux affaires scientifiques de l’INSPQ, Éric Litvak. Les modélisations ne concernent que le Grand Montréal, mais ses constats s’appliquent aussi aux autres régions. Les extrapolations interrégionales doivent toutefois « être faites avec prudence, car le bassin de personnes susceptibles à l’infection pourrait être un peu plus élevé dans les autres régions », note l’Institut.

Avec La Presse Canadienne