Plus de 480 cas actifs pour 100 000 habitants, remontée du nombre d’hospitalisations et forte hausse du nombre de morts ces dernières semaines : la vague du variant Omicron semble avoir frappé « plus tard qu’ailleurs » sur la Côte-Nord. Une situation qui se stabilisera heureusement dans les prochaines semaines, selon la Santé publique.

Publié le 1er mars
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Avec le variant Omicron, il y a une transmission assez soutenue de la COVID-19 dans la région. La cinquième vague semble avoir touché la région plus tard qu’ailleurs au Québec », indique le porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord, Pascal Paradis.

Selon les plus récentes données de l’Institut national de santé publique du Québec, la Côte-Nord présente actuellement 484 cas actifs de COVID-19 pour 100 000 habitants, ce qui classe la région première au Québec à ce chapitre, tout juste devant le Bas-Saint-Laurent. Il y a quelques jours seulement, ce chiffre surpassait d’ailleurs les 600 cas actifs dans la même proportion.

Ces nombres élevés de cas semblent s’être répercutés sur le nombre de morts dues au virus, qui a fortement augmenté sur la Côte-Nord dans les dernières semaines.

La région est passée d’à peine 4 morts à la fin de janvier à 27 à l’heure actuelle, dont une forte majorité sont survenues à domicile. Le même phénomène s’est aussi observé dans le réseau de la santé : d’environ une dizaine d’hospitalisations à la mi-janvier, la Côte-Nord a atteint un sommet de 60 hospitalisations il y a quelques jours. Ce nombre se trouve maintenant autour de 46.

Situation « sous contrôle »

Il faut comprendre que la région a encore, comme le reste du Québec, « plusieurs éclosions » dans ses installations de santé, rappelle M. Paradis. On compte une dizaine de foyers de contamination toujours actifs sur la Côte-Nord. Mais « malgré les nombreuses éclosions, la situation est sous contrôle », assure le CISSS.

« Notre personnel est mobilisé, et nous sommes en mesure d’offrir les services à la population partout sur notre vaste territoire », soutient le porte-parole, qui se dit « confiant que la situation va se stabiliser au cours des prochaines semaines ».

Selon la professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal Roxane Borgès Da Silva, les vagues peuvent énormément « varier d’une région à l’autre ». « On l’a vu dès le départ, quand Montréal a été plus frappé qu’ailleurs. Il y a plusieurs facteurs qui entrent en ligne de compte : la circulation du virus, les contacts de la population, la situation du logement, la vaccination », soutient-elle.

Chaque région réagit différemment à la COVID-19, d’autant que des régions comme la Côte-Nord ont été moins touchées dans les premières vagues. C’est à prendre en compte.

Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal

Le professeur et chercheur spécialisé en immunologie et en virologie à l’Institut national de la recherche scientifique Alain Lamarre rappelle que l’« effet fondateur » d’un virus ou d’un variant – soit sa capacité à se construire avec de premières contaminations – est aussi une « question de hasard ».

« Il y a toujours un peu de hasard dans la manière dont chaque région est touchée, mais ce qu’on voit sur la Côte-Nord respecte la logique, c’est-à-dire que leur vague vient souvent après les grands centres comme Montréal et Québec, où il y a le plus de contacts. Le rythme d’exposition en milieu plus rural, où il y a moins de circulation, peut prendre plus de temps », conclut-il.

Encore à la baisse

Dans l’ensemble du Québec, le nombre d’hospitalisations et de patients aux soins intensifs continue de diminuer. Les sept morts de plus enregistrées lundi n’influent que très peu sur la moyenne quotidienne de morts dues à la COVID-19, qui demeurait autour de 17 lundi. La tendance est ainsi en baisse de 24 % sur une période d’une semaine.

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On a aussi observé lundi une baisse de 10 hospitalisations, qui se traduit par 59 entrées et 69 sorties. À ce jour, 1446 patients atteints de la COVID-19 sont toujours hospitalisés, dont 94 aux soins intensifs, une baisse de 4 cas en 24 heures sur ce plan (7 entrées, 11 sorties).

Les autorités ont signalé 845 nouveaux cas de COVID-19, ce qui porte à 1345 la moyenne hebdomadaire à ce chapitre, qui suit aussi une tendance à la baisse d’environ 24 % sur une période d’une semaine. Les limites imposées au dépistage rendent toutefois ces données moins représentatives. Du côté de la vaccination, la campagne continue de ralentir rapidement. Samedi, à peine 8375 doses de vaccin supplémentaires avaient été administrées. Le Québec vaccine en moyenne 13 636 personnes par jour actuellement.

Le vaccin de Pfizer moins efficace chez les enfants

De nouvelles données recueillies par l’État de New York ont montré lundi que le vaccin de Pfizer semblait moins efficace pour prévenir l’infection de la COVID-19 chez les jeunes de 5 à 11 ans que chez les jeunes adultes ou encore les adolescents. Selon l’étude en question, publiée sur le site médical MedRxiv, le vaccin protège adéquatement les enfants contre des complications graves, mais n’offre pratiquement aucune protection contre la contamination par le virus, et ce, même des mois après l’injection initiale. Pour l’heure, seul le vaccin de Pfizer est autorisé chez les 5 à 11 ans aux États-Unis.