(Québec) Québec a demandé à la Santé publique de lui fournir un plan « par étapes » pour la fin du port du masque. La première étape étant l’abandon du couvre-visage en classe pour les élèves du primaire et du secondaire après la relâche scolaire, à compter du 7 mars.

Mis à jour le 22 février
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse
Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, ont confirmé mardi que le masque tombera en classe dès le 7 mars. Le couvre-visage sera maintenu dans les aires communes, lors des déplacements et pendant le transport scolaire. Pour les élèves qui seront déjà en congé à ce moment, la mesure entrera en vigueur le lundi suivant, soit le 14 mars.

« Je pense que la première étape [vers le retrait du port du masque], c’est celle qu’on vit aujourd’hui avec [l’abandon] en classe », s’est réjoui le ministre Dubé. Il a ouvert la porte à « un plan de retrait du masque par étapes » dans les autres secteurs d’activité. M. Dubé a indiqué avoir demandé au directeur national de santé publique par intérim, le DLuc Boileau, de lui fournir un échéancier en ce sens.

« Ce qu’on lui a demandé, c’est de dire comment il voit les différentes étapes [vers le retrait du masque] parce que enlever un masque en classe versus [enlever] un masque en transport en commun, c’est complètement différent », a expliqué M. Dubé, nous invitant à interroger le DBoileau sur le sujet mercredi.

Le DLuc Boileau doit faire le point sur l’évolution de la pandémie mercredi à Montréal. D’ailleurs, avec le relâchement des mesures, le gouvernement Legault tiendra de moins en moins de points de presse sur la COVID-19.

La semaine dernière, le DBoileau avait affirmé vouloir conserver « un côté graduel » concernant la levée du masque. Il précisait ne pas avoir l’intention, à ce stade-ci, de lever l’utilisation avant le 14 mars dans la population en général. « On serait bien heureux que la situation évolue rapidement, positivement, pour réviser des recommandations à faire auprès du gouvernement », avait-il dit le 15 février.

Effets de la relâche ?

Le ministre Dubé ne cache pas qu’une « petite remontée » des cas est possible lors du retour des élèves en classe après la relâche scolaire alors que ceux-ci ne porteront plus le masque. Mais, le contexte actuel est « complètement différent » de celui de l’an dernier, assure-t-il.

« Avec toute la question d’Omicron, le nombre de personnes qui ont attrapé le virus dans les derniers mois, la vaccination… Je pense que le contexte est différent et je pense qu’on est encore plus prêts à faire face aux intempéries. Notre système de santé s’est beaucoup amélioré au cours des derniers mois. […] Je suis très, très à l’aise dans la situation qu’on est aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Vendredi, le DBoileau avait également affirmé que le fait que bien plus que 2 millions de Québécois, dont de nombreux enfants, aient déjà été contaminés par Omicron pouvait influencer sa décision en faveur du retrait du masque en classe. Les récentes données montrent également une baisse du nombre d’enfants signalés malades au Québec, avait également souligné le DBoileau en entrevue à La Presse.

« La question est toujours : quel est le bon moment », a souligné pour sa part le virologue Benoit Barbeau. « [Après la relâche], c’est déjà mieux qu’aujourd’hui. Plus on s’approche du printemps et des températures plus douces, plus ça fait en sorte que dans les établissements où il y a peut-être des problèmes de ventilation […], on pourra ouvrir les fenêtres, par exemple », illustre-t-il.

Il faut le faire à un moment donné et ça suit la mouvance actuelle du gouvernement de se diriger vers une absence presque complète des restrictions à la mi-mars.

Benoit Barbeau, professeur au département des sciences biologiques de l’UQAM

Des réserves dans le milieu

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) se demande par ailleurs pourquoi les autorités n’ont pas attendu une semaine de plus après la relâche pour abandonner le masque alors que les contacts seront plus nombreux pendant les vacances. Le syndicat estime qu’il s’agit assurément d’une bonne nouvelle pour les jeunes, pour la socialisation et les apprentissages, mais que certaines inquiétudes subsistent sur le terrain.

« Les éclosions, ce n’est pas terminé, c’est encore beaucoup dans le milieu scolaire, donc on a des informations d’experts qui justifient [le retrait du masque], mais d’un autre côté, ça reste que c’est une nouveauté à laquelle il faut s’adapter et à l’école, la ventilation n’est pas meilleure. […] On est contents, mais c’est un peu l’inconnu », a indiqué le président de la CSQ, Éric Gingras.

À la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), on est heureux de l’annonce, mais on craint un peu que le taux d’absentéisme reparte à la hausse. « On s’attend quand même à ce que le taux d’absence remonte un peu. On nous dit que ça ne devrait pas être si important, alors on verra sur le terrain, mais c’est une bonne nouvelle », souligne le président, Nicolas Prévost.

La FQDE répertorie pour l’heure quelque 1600 absences d’élèves par semaine en raison de la COVID-19. C’est la moitié moins qu’au plus fort de la vague Omicron, en janvier. Les enseignants et le personnel continueront de porter le masque malgré l’abandon du port du couvre-visage des élèves en classe.

Bilan à la baisse

Les 30 nouveaux décès rapportés mardi ont porté la moyenne quotidienne calculée sur 7 jours à 17. La tendance est en baisse de 44 % sur une période d’une semaine. On a aussi observé une baisse de 34 hospitalisations. À ce jour, 1742 patients sont toujours hospitalisés en lien avec la COVID-19, dont 107 se trouvent aux soins intensifs (-12). Pour l’heure, les 1742 personnes hospitalisées représentent une baisse de 15 % sur une semaine, et les 107 patients aux soins intensifs représentent une diminution de 19 %. Les autorités ont recensé 1438 nouveaux cas de COVID-19 mardi, portant la moyenne à 1665, en baisse de 30 % sur une semaine. Les limites imposées au dépistage rendent toutefois ces données moins représentatives.

Henri Ouellette-Vézina, La Presse