Les autorités de santé publique analyseront sérieusement ce week-end la possibilité d’annoncer la fin du port du masque obligatoire dans les écoles primaires et secondaires.

Publié le 19 février
Ariane Lacoursière
Ariane Lacoursière La Presse
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

En entrevue à La Presse, le directeur national de santé publique du Québec par intérim, le DLuc Boileau, explique que plusieurs données seront analysées avant de prendre cette décision. Mais le fait que bien plus que 2 millions de Québécois, dont de nombreux enfants, pourraient avoir été déjà contaminés par le coronavirus et être donc peu susceptibles d’être infectés de nouveau dans les trois ou quatre prochains mois, entre autres, pourrait influencer la décision.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Le DLuc Boileau, directeur national de santé publique du Québec par intérim

« Il faut se poser la question à savoir si on a encore besoin de demander cette protection-là pour les enfants. On est en train de recalibrer pour savoir s’il y a encore un avantage », dit-il.

La décision ne sera pas prise à la légère. Car comme l’explique le DBoileau, deux mesures ont particulièrement prouvé leur utilité dans la lutte contre la COVID-19 jusqu’à maintenant : la vaccination et le port du masque.

Mais les récentes données montrent une baisse du nombre d’enfants signalés malades au Québec, indique le DBoileau. Les hospitalisations sont aussi en baisse. Des modélisations plus détaillées et à jour sont attendues lundi et permettront notamment de savoir plus précisément combien de Québécois ont été infectés par le virus.

Le DBoileau note que si son efficacité est notable, le port du masque « est incommodant ». Particulièrement « pour les enfants qui ont de la difficulté à s’exprimer ». Il faut donc en tenir compte dans les analyses.

Alors que le Québec assouplit depuis quelques jours plusieurs mesures sanitaires, le DBoileau reconnaît « qu’il faut soigneusement analyser l’impact de la progression de la levée des mesures ». Mais pour l’instant, les données qui émergent sont rassurantes. La légère hausse des cas attendue avec la levée des premières mesures « n’apparaît pas », dit le DBoileau. « Est-ce qu’on est prêt à retirer le port du masque dans les écoles primaires et secondaires ? La question est sur la table et on [l’examinera] durant la fin de semaine », dit-il.

Feu vert à la dose de rappel pour les 12 à 17 ans

Après avoir reçu le feu vert du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ), le gouvernement Legault a autorisé vendredi l’administration de la dose de rappel chez les 12 à 17 ans. Le CIQ recommande qu’une troisième dose de vaccin soit donnée aux adolescents présentant « un risque plus élevé de complications liées à la COVID-19 ».

Le DBoileau parle par exemple des enfants qui « ont des maladies chroniques, font beaucoup d’asthme, du diabète ou de l’obésité », par exemple.

Les jeunes vivant dans des milieux collectifs fermés devraient également obtenir cette dose de rappel.

Cela dit, le CIQ estime que la dose de rappel peut être offerte « à l’ensemble » des jeunes de 12 à 17 ans qui souhaiteraient obtenir une protection supplémentaire. Il ne s’agit toutefois pas d’une recommandation. « Ce qu’on a remarqué, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de cas graves chez les enfants de 12 à 17 ans, particulièrement ceux qui sont vaccinés (deux doses) », note le DBoileau. Mais « si des parents se sentent plus à l’aise, pour toutes sortes de raisons », de donner une troisième dose à leur enfant, ils le pourront, dit-il.

« Il est attendu qu’une dose de rappel ramène une plus grande efficacité vaccinale chez les jeunes de 12 à 17 ans, et ce, à court terme, contre les nouveaux variants, dont Omicron », écrit le ministère de la Santé.

Les adolescents pourront prendre rendez-vous sur la plateforme Clic Santé à compter de ce samedi.

La dose de rappel devrait être administrée trois mois ou plus après la deuxième dose de vaccin. Pour les jeunes qui ont contracté le virus, les recommandations en vigueur demeurent les mêmes. Donc, « si cette dose n’est pas nécessaire, une personne peut, si elle le désire, recevoir une dose de rappel, après qu’un consentement éclairé a été exprimé », indique le Ministère.

Le CIQ recommande néanmoins de respecter un intervalle de trois mois après l’infection pour recevoir une troisième dose de vaccin. Par ailleurs, le CIQ maintient sa recommandation d’utiliser le vaccin de Pfizer chez ce groupe d’âge, en raison d’un risque légèrement moindre de développer des complications (myocardite) après la vaccination.

Avec Pierre-André Normandin, La Presse