Santé Canada donne son feu vert au vaccin Nuvaxovid de la société pharmaceutique américaine Novavax. Il s’agit du cinquième vaccin contre la COVID-19 à être autorisé par l’agence fédérale canadienne. Et sa production sera faite à Montréal éventuellement.

Mis à jour le 17 février
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Ce vaccin satisfait aux exigences rigoureuses du Canada en matière d’innocuité, d’efficacité et de qualité », a en effet confirmé Santé Canada, jeudi, en précisant toutefois qu’il ne l’est que pour les personnes de 18 ans et plus pour le moment.

À la fin du mois de janvier, La Presse rapportait que Novavax attendait toujours patiemment le feu vert du gouvernement fédéral — l’entreprise avait déposé une demande d’homologation en janvier 2021, puis un ajout en août 2021 —, pour entreprendre la production de son vaccin contre la COVID-19 dans ses nouvelles installations du Conseil national de recherches Canada (CNRC), à Montréal.

Cela dit, les premières doses de ce vaccin ne seront pas fabriquées au Canada. La docteure Supriya Sharma, conseillère médicale en chef à Santé Canada, a expliqué jeudi à La Presse Canadienne que l’usine de Montréal n’avait pas encore indiqué qu’elle était prête pour une inspection d’accréditation.

En principe, Novavax estime être en mesure de produire environ 2 millions de doses de son vaccin par mois dans les installations montréalaises. Son vaccin a déjà été autorisé dans d’autres pays, dont le Royaume-Uni, l’Australie et Singapour.

Dans une déclaration jeudi, l’entreprise a rappelé avoir signé un « accord d’achat anticipé » de 52 millions de doses de vaccin au Canada, avec l’option d’un maximum de 24 millions de doses supplémentaires. La production de ces vaccins devrait être lancée « plus tard cette année ».

Une idée du produit

Le Nuvaxovid est un vaccin à base de protéines, pendant que ceux de Pfizer ou encore de Moderna s’appuient plutôt sur la technologie à ARN messager. C’est donc le premier du genre à être approuvé au Canada. Certains experts croient d’ailleurs qu’un vaccin sans ARNm pourrait convaincre certaines personnes hésitantes qui n’ont toujours pas reçu une dose de vaccin.

Il doit tout de même aussi être administré à deux doses, à 21 jours d’intervalle. D’après les essais cliniques, « le Nuvaxovid est efficace à 90 % pour prévenir la COVID-19 symptomatique et à 100 % pour prévenir les maladies graves », indique Santé Canada.

« Bien que d’autres données corroboratives soient nécessaires, les données préliminaires et exploratoires montrent que le vaccin Nuvaxovid produit des anticorps neutralisants contre le variant Omicron », précise aussi l’agence, en ajoutant que le fabricant devra « fournir des données sur la protection contre les variants préoccupants actuels et émergents dès qu’elles seront accessibles ».

Une surveillance « attentive » de l’innocuité de ce vaccin sera effectuée « après sa commercialisation », poursuivent les autorités, qui assurent que « si des problèmes sont relevés », elles n’hésiteront pas « à prendre des mesures ».

L’approbation du vaccin survient toutefois au moment où les campagnes de vaccination ralentissent au pays. En coulisses, des sources ont d’ailleurs indiqué par le passé à La Presse que Novavax jouera un rôle secondaire dans la présente lutte contre la pandémie. Le gouvernement fédéral a conclu l’an dernier des contrats avec les sociétés Pfizer et Moderna lui donnant accès à un nombre suffisant de doses de leurs vaccins pour offrir deux doses à l’ensemble de la population canadienne admissible ainsi qu’une dose de rappel. Certains ont toutefois relevé que les installations du CNRC à Montréal permettront éventuellement de produire tout autre vaccin que mettra au point Novavax pour traiter d’autres virus ou maladies.

Avec Joël-Denis Bellavance et La Presse Canadienne