La dose de rappel de vaccin contre la COVID-19 augmente la protection contre les hospitalisations, qui passe ainsi de 80 % à 90 %, selon une nouvelle étude de l’INSPQ. Cette protection s’observe avec le variant Omicron.

Mis à jour le 16 février
Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

« L’augmentation de l’efficacité avec la troisième dose est encore plus frappante avec l’infection qu’avec l’hospitalisation », explique l’épidémiologiste Gaston De Serres, de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). L’efficacité contre une infection légère passe de 45 % à 80 % selon si nous avons deux ou trois doses.

L’efficacité de la troisième dose est comparable, quel que soit le vaccin. Mais les Québécois qui ont reçu l’AstraZeneca d’abord, puis des doses de vaccin à ARN messager (Pfizer, Moderna) ont une protection moins grande contre une infection légère ne nécessitant pas de consultation médicale (72 % contre 77 % à 82 % pour les vaccins à ARNm).

Cette efficacité est aussi bonne pour tous les groupes d’âge, et elle semble se maintenir, les données de suivi allant jusqu’à 16 semaines, soit près de quatre mois.

La semaine dernière, une étude des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) du gouvernement américain montrait toutefois que l’efficacité de la troisième dose diminuait à partir de quatre mois.

Or, au Québec, l’efficacité de la deuxième dose, administrée après un plus long intervalle ici que chez l’oncle Sam, est restée stable jusqu’à 32 semaines. Ce long intervalle peut-il aussi avoir un effet sur l’efficacité de la troisième dose ?

« On regarde toujours ça, mais l’étude des CDC la semaine dernière avait très peu de gens dans le groupe suivi pendant quatre mois après la troisième dose, dit le DDe Serres. Alors il est trop tôt pour le dire. »

Enfin, n’y avait-il pas eu l’automne passé une baisse de la protection vaccinale après deux doses, avec le temps ? « Quand on regarde les données de l’INSPQ de décembre, qui couvrent surtout le variant Delta, on voit la même chose qu’avec l’Omicron, dit le DDe Serres. Il n’y a presque pas de baisse au fil des mois. »

Vaccin Omicron

Doit-on s’attendre à un vaccin contre l’Omicron en mars ? « Je ne suis pas sûr que ce sera offert en mars au Canada, dit le DDe Serres. Mais il faut voir ce qui s’en vient : est-ce qu’on va donner une quatrième dose avec le vaccin Omicron ? Est-ce qu’on aura un variant différent ? »

L’efficacité similaire entre les différents groupes d’âge n’est-elle pas étonnante, alors qu’on parle souvent d’une baisse de rendement des vaccins chez les personnes âgées, qui a poussé plusieurs groupes pharmaceutiques avant la pandémie à développer des vaccins contre la grippe à plus haute dose pour les aînés ? « Les vaccins antigrippaux ont une efficacité très basse, souligne le DDe Serres. Et c’est une maladie qui est surtout problématique pour les personnes âgées. Alors, finalement, il n’y a peut-être pas de diminution d’efficacité des vaccins avec l’âge. »

L’administration des troisièmes doses a considérablement ralenti au Québec depuis trois semaines. Si plus de 87 % des 60 ans et plus sont allés chercher leur dose de rappel, le taux est nettement moindre chez les plus jeunes. Par exemple, à peine 28 % des 18 à 24 ans sont triplement vaccinés. Qu’en pense le DDe Serres ?

« C’est certain que du point de vue de la prévention des hospitalisations, comme elles surviennent surtout chez les plus de 60 ans, ce n’est pas trop grave, estime le DDe Serres. Mais ça contribue probablement un peu à la transmission du virus. »

Avec la collaboration de Pierre-André Normandin

En savoir plus

  • 84 %
    Proportion des bébés de moins de 6 mois hospitalisés en raison de la COVID-19 dont la mère n’est pas vaccinée
    SOURCE : CDC
    88 %
    Proportion des bébés de moins de 6 mois hospitalisés aux soins intensifs en raison de la COVID-19 dont la mère n’est pas vaccinée
    SOURCE : CDC