Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 se stabilise au moment où le Québec entreprend une nouvelle phase de déconfinement

Mis à jour le 8 février
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse
Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse

Si le Québec a rapporté lundi 20 morts supplémentaires et une légère hausse du nombre d’hospitalisations, c’est toutefois la tendance des nouveaux cas qui retient l’attention. Avec 2240 nouveaux cas de COVID-19, la province en rapporte en moyenne 3043. La tendance est en baisse de 9 % sur une semaine, signe d’une certaine stabilisation après trois semaines de forte baisse.

Il faut le rappeler d’emblée : les limites imposées au dépistage rendent toutefois le nombre de nouveaux cas moins représentatif qu’avant. N’empêche, les infections officiellement recensées au Québec continuent d’afficher une légère hausse de 4 % sur une semaine chez les moins de 20 ans.

La génération de leurs parents, soit les 30 à 49 ans, ne semble pas y échapper puisque le nombre de cas a cessé de diminuer pour se stabiliser depuis une semaine. Les 30 à 49 ans rapportent quotidiennement 1320 nouveaux cas par jour et sont actuellement les plus touchés, alors que les autres groupes d’âge continuent de voir leur nombre de cas diminuer.

Cette réalité se confirme dans le milieu scientifique, notamment au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations, où, depuis trois semaines, des chercheurs mesurent l’incidence de la COVID-19 au Québec en estimant « le nombre de personnes adultes ayant reçu un résultat positif à un test, rapide ou PCR, ou s’étant autodiagnostiquées comme ayant eu la COVID-19 sur la base des symptômes ».

Fin janvier, ces spécialistes avaient rapporté cinq fois plus de cas que les chiffres officiels du gouvernement.

« Même avec nos données, on constate que la baisse est nettement plus faible de la deuxième semaine à la troisième semaine, par rapport aux deux premières semaines. Il faudra attendre une quatrième semaine pour statuer, mais oui, la baisse est beaucoup plus petite », confirme à La Presse l’une des spécialistes, Roxane Borgès Da Silva.

Comment expliquer la tendance ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette tendance, « dont les nouveaux assouplissements annoncés par Québec et la rentrée scolaire », indique la chercheuse. La semaine dernière, le directeur national de santé publique par intérim, le DLuc Boileau, avouait d’ailleurs s’attendre à plus de transmission, et donc à davantage d’hospitalisations, au cours des prochaines semaines.

« Il ne faut pas s’inquiéter outre mesure, mais c’est tout à fait vraisemblable que la levée des mesures va entraîner plus de contagion, notamment avec le risque en particulier de voir plus d’hospitalisations. Il faut continuer à réduire ses contacts », avait-il alors affirmé.

Dans ses projections diffusées le même jour, l’Institut national de santé publique du Québec prévoyait aussi qu’« il pourrait y avoir une augmentation de la transmission communautaire à la suite des assouplissements annoncés le 25 janvier », disant ne pas pouvoir « exclure » une hausse des indicateurs en février.

Selon le DAndré Veillette, chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal, c’est l’effet de la rentrée qui semble se faire le plus sentir.

Je doute que les assouplissements aient un gros effet. La rentrée, à l’inverse, entraîne peut-être plus de contaminations qu’on pense. Et avec notre retard sur la troisième dose, et le fait que de nombreux jeunes n’ont pas eu leur deuxième, ça se transmet plus aisément.

Le DAndré Veillette, chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal

« Ce n’est pas impossible que ça reparte en flèche dans ces conditions, surtout si le variant BA.2 se met de la partie. Il va falloir suivre ça de très près », ajoute le DVeillette, qui estime que l’analyse des eaux usées serait un « outil de taille » dans les prochaines semaines, surtout à Montréal.

État des lieux

Après trois semaines de baisse du nombre d’hospitalisations, Québec a rapporté lundi une légère hausse du nombre de personnes hospitalisées en raison de la COVID-19 et a enregistré 20 morts supplémentaires. Le plus récent bilan fait état de 2425 personnes hospitalisées, soit 14 de plus que la veille.

Cette augmentation s’explique principalement par le faible nombre de personnes ayant obtenu leur congé. Le Québec a rapporté seulement 127 sorties, alors que la moyenne depuis une semaine était de 250 par jour. À l’inverse, le nombre d’entrées continue sa tendance à la baisse. Le bilan fait état de 141 admissions, portant la moyenne quotidienne à 183. Malgré cette légère hausse du nombre d’hospitalisations, la tendance sur une semaine demeure en baisse de 16 % pour le moment.

Une légère hausse a aussi été signalée aux soins intensifs : 15 personnes ont dû y être admises, tandis qu’on a enregistré 14 sorties, ce qui a porté à 178 le nombre de patients. Là aussi, la tendance demeure globalement en baisse, de 20 % sur une semaine.

Les 20 morts de plus portent la moyenne quotidienne à 39. La tendance est en baisse de 27 % sur une semaine. Un peu plus de la moitié (55 %) des morts sont survenues chez des personnes qui vivaient à domicile au moment de contracter la COVID-19. La moyenne d’âge des personnes succombant à la maladie demeure élevée, à 82 ans. Pendant ce temps, la campagne de vaccination continue de ralentir rapidement. Le Québec rapporte 42 700 doses administrées par jour, en baisse de 40 % depuis une semaine.

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