Chaque Québécois pourra-t-il avoir sa boîte de cinq tests en pharmacie en février ? C’est loin d’être clair pour l’instant. Ça dépendra de deux facteurs : si Ottawa est capable d’augmenter la cadence de ses livraisons, et si Québec obtient des tests par ses propres fournisseurs sans passer par le fédéral.

Publié le 5 février
Vincent Brousseau-Pouliot
Vincent Brousseau-Pouliot La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

En janvier, il manquait de tests rapides pour que chaque Québécois de 14 ans et plus ait sa boîte de cinq tests rapides, soit l’objectif du gouvernement du Québec. Le mois dernier, Québec a distribué 2,4 millions de boîtes de cinq tests rapides (12 millions de tests) dans les pharmacies, alors qu’il y a 7,2 millions de Québécois de 14 ans et plus. Pour que chacun d’eux ait sa boîte, il faudrait distribuer 36 millions de tests chaque mois dans les pharmacies*.

Bonne nouvelle : malgré la pénurie mondiale de tests rapides, il devrait y avoir au moins autant de tests rapides à distribuer au Québec en février qu’en janvier.

Du 1er janvier au 30 janvier, Québec a reçu et distribué au total 29,3 millions de tests rapides, soit 25,5 millions de tests du gouvernement fédéral et 3,8 millions par ses propres commandes directement auprès de fournisseurs. Québec a distribué environ la moitié de ses tests gratuitement au grand public dans les pharmacies. L’autre moitié des tests ont été utilisés pour le réseau de la santé (6,5 millions), les écoles (4 millions), les garderies (1,4 million), le gouvernement, des entreprises et les communautés autochtones et inuites.

Pour le mois de février, Québec s’attend à recevoir environ 30 millions de tests rapides du fédéral. Ottawa n’est pas en mesure pour l’instant de confirmer aux provinces un nombre précis de tests, en raison des difficultés d’approvisionnement à l’international. Dans le pire des cas, le fédéral devrait envoyer 30 millions de tests.

« Nous sommes […] confiants que le gouvernement fédéral nous livrera d’autres tests rapides. […] Il s’agit évidemment d’un outil indispensable au déconfinement que nous amorçons au Québec, et nous invitons la population à déclarer son résultat de test via la plateforme d’autodéclaration en ligne », a indiqué par courriel le cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Christian Dubé.

« Comme promis, malgré les pressions importantes exercées sur la chaîne d’approvisionnement par une augmentation sans précédent de la demande au niveau planétaire, nous avons réussi à faire livrer 140 millions de tests au Canada en janvier », a indiqué par courriel le cabinet du ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos.

Le chiffre magique : au moins 50 millions de tests

Si Québec distribue toujours 13,4 millions de tests ailleurs qu’en pharmacie en février (par exemple, pour le réseau de la santé, les écoles, les garderies), il faudrait environ 50 millions de tests par mois au total pour combler ces besoins particuliers et fournir une boîte de tests à chaque Québécois de 14 ans et plus.

Si Québec continue de réserver la moitié des tests pour ces besoins particuliers, il faudrait alors 72 millions de tests par mois. (Il s’agit des estimations et des calculs de La Presse.)

Québec espère trouver lui-même davantage de tests

Depuis la mi-décembre, en raison de la « grande demande de la population » pour les tests rapides, Québec a décidé de faire ses propres commandes en plus des livraisons de tests du fédéral. L’Ontario et l’Alberta font aussi leurs propres commandes.

Combien de tests le gouvernement du Québec pourrait-il obtenir par lui-même en février ? Le ministère de la Santé et des Services sociaux ne veut pas s’avancer sur un chiffre minimal, « car il arrive que certaines livraisons prévues soient annulées par les fournisseurs », explique-t-il.

En janvier, Québec en a ainsi déniché 3,8 millions directement auprès de quatre fournisseurs. Il pensait au départ en obtenir 10 millions. Il y a toutefois une pénurie mondiale de tests rapides.

Pour février, il a passé des commandes pour un maximum de 41 millions de tests rapides – ce qui donnerait un maximum de 71 millions de tests pour les Québécois en comptant les tests du fédéral.

De façon réaliste, il serait étonnant que Québec parvienne à dénicher par lui-même 41 millions de tests. Ce nombre inclut 20 millions de tests de l’entreprise québécoise MedSup Medical qui n’ont pas été approuvés pour l’instant par Santé Canada (MedSup espérait livrer 10 millions de tests en janvier, mais n’a pas été en mesure de le faire). Santé Canada évalue la demande de MedSup Medical « de façon prioritaire ».

La multinationale suisse Roche doit aussi livrer 10 millions de tests (des tests autorisés par Santé Canada) à Québec en février, mais rappelle ne pas être « à l’abri des imprévus » pouvant « avoir une incidence sur les délais de livraison ».

Parmi les quatre fournisseurs ayant déjà livré des tests à Québec en janvier, l’un d’eux prévoit livrer un million de tests en février.

* Ce nombre inclut les 1,8 million de parents avec des enfants au primaire ou au secondaire, où les enfants reçoivent des boîtes de tests. Si tous ces parents ne prenaient pas de boîte à la pharmacie (même s’ils y ont droit), il faudrait 27 millions de tests chaque mois en pharmacie pour 5 millions de Québécois.