(Québec) L’organisateur du convoi beauceron qui se dirige vers Québec samedi est à la recherche de camions inutilisés pour encombrer les rues de la capitale et mettre en place un « siège » comme à Ottawa.

Publié le 2 février
Gabriel Béland
Gabriel Béland La Presse

« Si y’a des camionneurs qui ont des trucks saisonniers qui peuvent venir parker, venir rester là ? », demande Keven Bilodeau dans une vidéo diffusée mercredi.

« Parce que ça va être un siège aussi à Québec. S’ils peuvent juste les parker. Il va y avoir des trucks partout autour du parlement et on va staller ça là », assure celui qui avait été l’un des organisateurs du Festival des Gaulois en Beauce l’été dernier.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Keven Bilodeau

Comme à Ottawa, des manifestants se dirigent vers Québec pour dénoncer les mesures sanitaires. Un premier convoi nord-côtier doit arriver dès jeudi. Les Beaucerons vont partir samedi.

Le maire de Québec a haussé le ton mercredi matin. « On va s’assurer que ça ne soit pas possible de jammer Québec. La police va faire son travail », a dit Bruno Marchand au micro du 98,5 FM.

« Je ne pense pas qu’une démocratie peut se permettre un état de siège. Je ne pense pas que des gens peuvent décider de prendre en otage une structure démocratique, une ville », a ajouté le maire.

À son arrivée au Salon bleu mercredi, le premier ministre François Legault s’en est remis aux autorités locales. « Je fais confiance aux policiers de Québec, au maire de Québec. Il faut que les règles soient respectées. »

Les oppositions invitent au respect

Les partis de l’opposition à l’Assemblée nationale se sont montrés prudents dans leurs propos mercredi matin.

La cheffe du Parti libéral du Québec a appelé les organisateurs du convoi à manifester dans le respect.

Si l’objectif de Rambo Gauthier, c’est de venir à Québec puis de manifester de manière pacifique, c’est une chose. Si son objectif, c’est de venir jammer la ville de Québec pour jammer la ville de Québec, empêcher les restaurateurs de fonctionner, les petits commerçants, moi, je l’invite à rester chez lui.

Dominique Anglade, cheffe libérale

La députée solidaire Manon Massé pense quant à elle « aux commerçants, aux gens qui voulaient venir au Carnaval ». « Manifester, certes, mais le faire dans le respect des gens autour », dit-elle.

Le Carnaval de Québec, qui débute en fin de semaine, a déjà fait savoir qu’il pourrait bousculer sa programmation si les manifestants bloquent la colline Parlementaire.

« On n’est pas là pour foutre le bordel dans le Carnaval », a assuré dans une vidéo l’un des organisateurs du convoi nord-côtier, Kevin « Big » Grenier, selon qui « le code QR, c’est du racisme vaccinal ».

Le chef du Parti québécois demande quant à lui aux organisateurs de ne pas « assiéger la ville de Québec ». « Jammer une ville, ce n’est pas de la liberté d’expression », juge Paul St-Pierre Plamondon.

Avec Charles Lecavalier et Tommy Chouinard, La Presse