(Québec) Manon Massé sonne l’alarme quant à la pauvreté et à la détresse qui augmentent chez les Québécois, et aux difficultés vécues par les groupes communautaires censés pouvoir leur venir en aide.

Publié le 27 janvier
Caroline Plante La Presse Canadienne

« La cinquième vague, elle frappe fort », confie la coporte-parole de Québec solidaire (QS) lors d’une entrevue en marge du caucus présessionnel de son parti, à l’Assemblée nationale.

La députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, qui a une longue feuille de route dans le secteur communautaire, dit être de plus en plus sollicitée par les gens de son comté et même d’ailleurs.

« Il n’est pas rare que des gens ont pris contact avec leur député, le député ne répond pas présent, et ils viennent chercher du réconfort et des solutions à mon bureau.

« Les gens savent qu’ils vont être accueillis, reçus et entendus pour ce qu’ils vivent, et non, ils ne se feront pas répondre qu’il n’y a pas de crise du logement au Québec », affirme-t-elle.

Elle dit constater que ceux ayant désormais recours aux banques alimentaires ont souvent un emploi, mais peinent à absorber la hausse des prix due à la pandémie. Selon elle, le visage de la pauvreté a changé.

Des groupes communautaires qui n’offraient pas d’aide alimentaire, comme Chez Émilie, maison d’entraide populaire, se retrouvent maintenant à servir 1200 personnes par mois, ajoute l’élue pour illustrer son propos.

« Le besoin a augmenté ; […] je suis vraiment inquiète », insiste Mme Massé. La cinquième vague de la pandémie de COVID-19 est particulièrement difficile, selon elle, parce que les gens sont « épuisés ».

Irritée par ce qu’elle perçoit être un manque d’écoute de la part du gouvernement Legault, la députée promet de continuer de se faire le porte-voix des plus vulnérables à l’Assemblée nationale.

« Les organismes communautaires […] qui ramassent la misère humaine, bien, ils manquent de bras, ils manquent de sous.

« Quand ce filet social du filet social commence à s’effriter, bien, pour bien des gens, c’est la rue qui leur reste comme alternative », déplore-t-elle.

Trois propositions de QS

Dans la mesure où le coût du loyer a augmenté de 8 % à Montréal, par exemple, et que le panier d’épicerie coûtera environ 1000 $ de plus cette année, QS n’hésite pas à parler d’une véritable « crise du coût de la vie ».

« Le portefeuille des familles est vide », a déclaré jeudi son chef parlementaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Il promet d’en parler « frénétiquement » pendant la session parlementaire qui s’ouvrira mardi, à Québec.

Entre-temps, le parti soumet trois propositions : un gel des loyers pour l’année 2022-2023, l’annulation de la hausse des tarifs d’Hydro-Québec et l’augmentation à 18 $ l’heure du salaire minimum.

« Les bas salaires, c’est mauvais, renchérit Mme Massé. Nous, on veut construire un Québec où tous les travailleurs peuvent payer leur loyer, leur épicerie et avoir une certaine qualité de vie.

« Si on veut vraiment donner de l’air à nos familles, il faut agir sur le revenu, donc le salaire minimum. Il faut agir sur la plus grosse dépense qui est […] le logement, puis les frais d’Hydro. »