Martelant qu’ils font « partie de la solution » et qu’ils peuvent aider à « sauver des vies », des gyms comptent ouvrir leurs portes le 30 janvier, pour une journée. Ils défieront ainsi les consignes de Québec, qui n’a toujours pas fourni d’échéancier pour leur réouverture.

Mis à jour le 26 janvier
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« On fait partie de la solution. On devrait être intégré dans l’équation pour alléger le travail de nos collègues dans les hôpitaux », lance le co-propriétaire du Club Le Vestiaire, Karim El Hlimi, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux mercredi, déjà largement partagée par des centaines d’internautes.

Il soutient que son gym ouvrira ses portes le 30 janvier, « une journée, dans le plus grand respect des mesures sanitaires, afin de démontrer l’importance de notre métier et de notre rôle dans la société ».

Sous le mot-clic #lasantéenpremier, Le Vestiaire invite tous les autres établissements qui le veulent à se joindre à lui. Certains avaient d’ailleurs déjà commencé à indiquer leur intention d’ouvrir également, en appui au mouvement, sur les réseaux sociaux. Parmi eux, on retrouve l’Empire Fitness Lachine, Le MissFit Brossard ou encore le Gym L’Atelier, à Laval. Au total, des dizaines de propriétaires devraient se joindre à l’invitation, selon M. El Hlimi.

La pandémie qui s’en vient, on ne la voit pas, mais elle nous démolit en silence depuis tellement d’années. C’est celle qui démolit nos frères à coup d’AVC, qui démolit nos sœurs à coup de cancer, qui démolit nos ados à coup d’obésité.

Karim El Hlimi, co-propriétaire du Club Le Vestiaire

Selon le regroupement, les gyms ont toujours été « les premiers à se faire fermer » par le gouvernement. « On doit vivre avec les répercussions d’un exemple que tout le monde connaît, qui n’a pas respecté les règles sanitaires », dit le porte-parole, en faisant ainsi référence à l’éclosion qui était survenue l’an dernier au Méga-Fitness Gym, responsable d’une flambée de cas de COVID-19 dans la région de Québec.

Pourtant, la réalité provinciale est que « le taux d’infection est tellement minime dans les salles d’entraînement », mais que ceux-ci sont « encore représentés comme les grands méchants loups », soutiennent les établissements, qui dénoncent que pendant ce temps, les Québécois peuvent « facilement acheter du pot, acheter de l’alcool, et manger du fast-food ».

Québec dit faire au mieux

La réponse du gouvernement est venue du cabinet de la ministre responsable du loisir et du sport, Isabelle Charest, mercredi. « Nous comprenons très bien l’importance du sport dans la vie de plusieurs personnes. C’est pourquoi nous avons annoncé hier une première étape de déconfinement sportif et nous continuons nos échanges avec la santé publique et les partenaires du milieu pour revenir progressivement à une pratique sportive la plus normale possible dans les meilleurs délais. D’ici là, la façon de mettre en place les conditions gagnantes pour le retour du sport, c’est de continuer à suivre les consignes », a souligné l’attachée de presse, Alice Bergeron.

De son côté, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a rappelé par écrit que les mesures sanitaires « ne sont pas des recommandations, mais des obligations ». Des amendes de 1000 à 6000 $ pourraient ainsi être appliquées aux établissements qui « refusent d’obéir à un ordre » des autorités, a signalé la porte-parole, Laura Fitzback.

L’affaire n’est pas sans rappeler le mouvement de restaurateurs qui avait pris forme ces derniers jours, pour défier les règles et ouvrir le 30 janvier, avant que le premier ministre François Legault n’annonce que les salles à manger pourront rouvrir lundi prochain, avec une capacité de 50 % et un maximum de deux bulles par table. Une pâtissière du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui a signifié haut et fort son ras-le-bol dans les médias a même donné accès à sa salle à manger à ses clients, la semaine dernière, avant d’être invitée sur le plateau de Tout le monde en parle dimanche.

En point de presse mardi, M. Legault avait dit être bien conscient « qu’il y a des activités qui ne sont pas mentionnées » dans les allègements. « On est au courant. Je pense aux sports pour adultes, aux gyms, aux spas, mais pour l’instant, la Santé publique nous dit que ça viendra dans une troisième étape. »