Un mois après l’avoir évoqué, le gouvernement Legault a mis en ligne mardi une plateforme numérique permettant aux Québécois « d’autodéclarer » leur infection à la COVID-19. Vu les limites actuelles imposées au dépistage, le site permettra de « mieux évaluer l’évolution de la situation épidémiologique dans la communauté ».

Publié le 25 janvier
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

L’idée d’une telle plateforme web avait d’abord été évoquée à la fin décembre, lors d’un breffage technique du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). À ce moment, la Dre Marie-France Raynault, conseillère médicale stratégique au ministère, avait soulevé que le gouvernement évaluait notamment « les biais de déclaration » que pourrait entraîner un tel exercice.

Le formulaire, qui a été rendu public dans la journée de mardi sans tambour ni trompette, permet d’enregistrer son résultat de test rapide positif ou négatif, avec son nom, sa date de naissance et son numéro d’assurance maladie. Les personnes intéressées doivent « remplir le formulaire de déclaration, pour chaque test rapide effectué, que le résultat soit positif ou négatif ».

« Dans un contexte où les tests en centre de dépistage sont désormais réservés à certains groupes prioritaires et où le nombre de cas connus est par conséquent sous-estimé, déclarer un résultat de test rapide contribuera à mieux évaluer l’évolution de la situation épidémiologique dans la communauté », indique le MSSS, en ajoutant qu’il permettra aussi de « suivre l’utilisation des tests rapides et leurs résultats dans les différentes régions ». En outre, la déclaration du résultat d’un test rapide sera « uniquement utilisée à des fins statistiques de suivi de l’utilisation de ces tests », assure-t-on.

Autrement dit, les résultats de tests « ne seront pas inscrits dans votre preuve de vaccination ». Ils ne modifieront donc pas « le statut de protection de votre passeport vaccinal ». « Si vous déclarez un résultat positif, votre statut vaccinal ne sera pas modifié », insiste le gouvernement.

Un « lancement doux »

En point de presse, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dit viser « un lancement doux » pour cette plateforme, qui a par ailleurs fait l’objet de tests en cybersécurité. « Notre objectif est très clair : on veut que les gens s’habituent à utiliser les auto-tests. On s’en va vers un monde où il va falloir vivre avec la pandémie, et où il va falloir s’auto-tester régulièrement, et ce n’est pas la dernière fois », a-t-il lancé.

Depuis le début du mois de janvier, Québec a renoncé à tester la population générale à l’aide de tests PCR, face à la crainte d’une pénurie. Ces tests sont désormais réservés au personnel soignant et à risque. Depuis cette date, le nombre de cas quotidiens de COVID-19 ne reflète plus l’ampleur de la propagation de la maladie dans la province.

Ce dimanche, la Santé publique a réalisé 22 818 tests de dépistage, un chiffre relativement stable par rapport à la moyenne hebdomadaire.

Rappelons que le Québec n’est pas la seule province à avoir limité l’accès aux tests PCR. C’est le cas aussi en Ontario, où ce type de test est réservé aux travailleurs œuvrant dans un milieu jugé « à risque », ainsi qu’à certaines personnes qui risquent également davantage de contracter le virus.