(Québec) Une mère convaincue que le vaccin contre la COVID-19 pourrait contenir une « puce » électronique et serait fabriqué de « cellules de fœtus avorté » ne pourra pas empêcher ses enfants mineurs d’être vaccinés, au grand soulagement du père.

Publié le 24 janvier
Gabriel Béland
Gabriel Béland La Presse

La Cour supérieure vient de retirer à la femme son autorité parentale en matière de santé sur ses enfants de 14 et 9 ans. Le tribunal l’oblige aussi à remettre au père, duquel elle est séparée, le carnet de vaccination des enfants, qu’elle gardait jalousement.

Cette décision est la plus récente d’une série rendue par les tribunaux à propos de mésentente parentale concernant le vaccin contre la COVID-19.

Dans ce cas-ci, le père avait la garde exclusive des deux enfants. Mais la mère avait en sa possession leur carnet de vaccination et s’opposait à ce qu’ils soient vaccinés.

Lors d’une visite à sa fille aînée, la mère lui a glissé une carte avec le message suivant : « Nous savons que tu feras le bon choix pour ta santé, de refuser toute injection poison. »

La mère a remis au tribunal une longue liste de raisons qui la poussent à rejeter le vaccin. On y retrouve plusieurs prétentions récurrentes des franges conspirationnistes.

On peut y lire qu’elle « croit que le vaccin est une thérapie génique qui changera ou altérera l’ADN de sa fille ». Elle pense que le vaccin contient « des cellules de fœtus avorté » ou encore « une puce d’Identification par Radiofréquence ou de la nanotechnologie se présentant sous une quelconque forme ».

Ces prétentions ont toutes été réfutées. Le vaccin ne peut aucunement modifier l’ADN, tranchait une analyse du journal Le Soleil.

« Il n’y a aucune cellule fœtale dans le vaccin », peut-on lire dans une entrée publiée sur le site du Scientifique en chef du Québec.

Lisez le texte du Soleil
Lisez le texte sur le site du Scientifique en chef du Québec

Et finalement, absolument rien ne laisse croire que le vaccin contient une puce électronique.

« Documents fabriqués »

Le juge Steve J. Reimnitz n’a pas été convaincu par ces arguments. « Madame produit une longue plaidoirie écrite, qu’il n’est pas nécessaire de reproduire ici et qui reprend les thèses complotistes, antivaccin, que l’on retrouve sur divers sites internet », peut-on lire dans le jugement daté du 13 janvier.

« On ne peut, lors d’une audition en ordonnance de sauvegarde, produire une série de documents fabriqués ou obtenus à partir de sites internet sans avis et sans autre démonstration de la valeur probante de ces documents », écrit le juge.

Le magistrat a donné raison au père. Il a retiré l’autorité parentale à la mère en matière de santé. Elle devra remettre au père le carnet de vaccination des filles, qui pourront donc recevoir leur vaccin.

« Le tribunal se doit de respecter le choix du parent qui souhaite suivre les recommandations des autorités publiques en matière de santé et de vaccination, écrit le juge. Particulièrement dans un dossier où le parent qui est contre la vaccination s’appuie sur des craintes qui n’ont pas fait l’objet de démonstrations probantes devant le tribunal. »