Malgré le nombre de décès qui continue d’augmenter au Québec, frisant même jeudi la barre des 100, la province pourrait bien avoir atteint le pic des hospitalisations. Celles-ci diminuent pour la première fois depuis la mi-décembre, pendant que la vaccination conserve un bon rythme.

Mis à jour le 20 janvier
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Les 98 nouveaux décès rapportés jeudi portent la moyenne quotidienne à 73 sur ce plan. La tendance est ainsi en hausse de 84 % sur une période d’une semaine.

Dans le réseau de la santé, on observe toutefois jeudi une baisse de 14 hospitalisations, qui se traduit par 352 nouvelles entrées et 366 sorties supplémentaires. La veille, une faible hausse de huit hospitalisations avait été observée, faisant dire à plusieurs experts que le pic était imminent.

Au total, 3411 patients demeurent actuellement hospitalisés en lien avec le virus, marquant la première baisse des hospitalisations depuis le 15 décembre dernier. De ce nombre, 285 personnes se trouvent toujours aux soins intensifs, ce qui représente un chiffre stable par rapport à la veille (43 entrées, 43 sorties).

Dans de nouvelles modélisations parues jeudi en fin d’avant-midi, l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) prévoit d’ailleurs d’ici deux semaines « une diminution du nombre de nouvelles [entrées à l’hôpital], pour atteindre environ 200 par jour d’ici la fin du mois de janvier ».

L’organisme gouvernemental anticipe également « une légère diminution du nombre de lits réguliers occupés par des patients COVID, pour atteindre environ 3000, soit toujours bien au-delà du niveau 4 récemment défini par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ». Une « stabilisation autour du niveau 3, soit environ 300, du nombre de lits aux soins intensifs occupés par des patients COVID » est aussi attendue, précise-t-on.

Cela dit, l’INESSS prévient que son modèle, qui s’appuie dorénavant sur l’historique des hospitalisations, doit être interprété avec grande prudence, car il « ne peut pas prévoir les brusques changements de tendance à la hausse ou à la baisse ». « Comme il semble qu’une tendance à la baisse soit amorcée, les projections pourraient surestimer l’occupation des lits », avoue aussi le groupe à ce sujet, en parlant d’incertitudes encore bien présentes dans le contexte actuel.

Zoom sur la vaccination

Côté vaccination, les autorités ont administré mercredi un peu plus de 104 200 doses, auxquelles s’ajoutent 6146 vaccins donnés avant le 19 janvier qui n’avaient pas encore été officiellement comptabilisés.

En incluant les personnes vaccinées à l’extérieur de la province, ce sont jusqu’ici 17 millions de doses qui ont été données à des Québécois. À ce jour, 85,7 % de la population québécoise a une dose du vaccin, 78,4 % en a deux et 34,2 % en a maintenant trois. L’effet du passeport vaccinal maintenant exigé à la Société des alcools du Québec (SAQ) ou la Société québécoise du cannabis (SQDC) semble toutefois déjà s’estomper, le nombre de premières doses administrées chez des adultes ayant recommencé à décliner.

Québec a signalé jeudi 6528 nouveaux cas, ce qui porte la moyenne quotidienne sur une semaine à 6175, une tendance qui est en baisse de 46 % actuellement. Il convient toutefois de rappeler que cette donnée est nettement moins représentative depuis quelques jours déjà, l’accès aux tests de dépistage étant maintenant limité à certaines catégories de la population.

Le tout survient alors que le premier ministre François Legault doit tenir une conférence de presse jeudi à 14 h, pour faire le point sur la situation de la COVID-19 au Québec. Il sera pour l’occasion accompagné du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, ainsi que du directeur national de santé publique par intérim, le DLuc Boileau.

En Ontario, le gouvernement de Doug Ford a annoncé jeudi qu’à compter du 31 janvier, les salles à manger des restaurants, les centres de conditionnement physique, les cinémas, les musées et les zoos – qui sont fermés depuis le début du mois – pourront rouvrir à 50 % de leur capacité d’accueil.

Avec Pierre-André Normandin

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