Aux États-Unis, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont recommandé une troisième dose pour les 16-17 ans le 9 décembre, et pour les 12-15 ans le 5 janvier. En France, l’Agence de sécurité du médicament a jugé la troisième dose pour les 16-17 ans « envisageable » le 24 décembre. Mais au Québec, la dose de rappel pour les adolescents n’est toujours pas au menu.

Publié le 17 janvier
Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

Deux épidémiologistes interviewés par La Presse ont des avis opposés sur le sujet. « Comme la réponse immunitaire des ados est super bonne et qu’ils n’ont pas souvent des complications de la COVID-19, je pense qu’on ne les inclura pas dans les recommandations pour la troisième dose », dit la Dre Caroline Quach-Thanh, du CHU Sainte-Justine. « Il va y avoir un changement de paradigme avec l’Omicron. L’objectif de la vaccination ne sera pas d’éliminer toutes les infections, mais de limiter les infections graves. »

Ceux qui ont le plus besoin d’une dose de rappel, ce sont les personnes âgées, les immunosupprimés.

La Dre Caroline Quach-Thanh, du CHU Sainte-Justine

De son côté, Benoît Mâsse, de l’Université de Montréal, estime que la vaccination des adolescents pourrait être souhaitable « étant donné la très forte transmission communautaire actuelle. Une dose de rappel en début d’été sans, ou presque, transmission communautaire apporte très peu d’avantages ».

La Dre Quach-Thanh pense que vacciner les adolescents pour diminuer la transmission ne fonctionnera pas très bien parce que la protection accrue d’une troisième dose contre le variant Omicron « diminue relativement rapidement ». « Dans mon personnel de santé, il y a pas mal de gens qui ont une troisième dose, mais, malgré tout, vont faire la COVID-19. La plupart des gens ne sauront jamais qu’ils ont été infectés malgré une troisième dose parce que les symptômes sont souvent très légers, la gorge gratte un peu le soir, puis c’est tout. »

M. Mâsse, lui, pense que l’urgence de la situation pourrait justifier une troisième dose pour les ados, même si la protection accrue contre l’infection, et donc la transmission, ne dure guère. « On n’en a pas besoin très longtemps non plus », dit-il.

On veut seulement passer au travers de cette vague pour se rendre au point où on peut lever la majorité des mesures sanitaires, comme on avait au début de l’automne.

Benoît Mâsse, de l’Université de Montréal

Vaccin anti-Omicron

Cela dit, M. Mâsse pense qu’avec l’arrivée probable d’un vaccin visant spécifiquement le variant Omicron en mars, et les difficultés d’approvisionnement en vaccin Pfizer, – le vaccin de Moderna n’est pas recommandé pour les moins de 30 ans – « il est concevable de croire que la vaccination des 12-17 ans se fera au compte-gouttes, même avec une recommandation favorable du Comité consultatif national sur l’immunisation ».

De leur côté, la Fédération des cégeps et l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire n’ont pas voulu commenter la pertinence d’une troisième dose pour les adolescents, préférant s’en remettre aux décisions des autorités de santé publique.

Israël donne une troisième dose aux adolescents depuis le mois de novembre, et aux États-Unis, en date du 14 janvier, 20 % des adolescents avaient reçu une troisième dose (contre 37 % des plus de 18 ans). En novembre, le médecin en chef de l’Ontario, Kieran Moore, avait affirmé que la troisième dose serait offerte aux plus de 12 ans en 2022, mais la province n’a pas donné de directives pour les adolescents pour le moment. La France prendra une décision sur le sujet en janvier, selon le quotidien 20 minutes.

La COVID-19 chez les ados en chiffres

98 %

Taux de réduction du risque d’hospitalisation aux soins intensifs et de mort chez les 12-18 ans doublement vaccinés, contre le variant Delta

94 % 

Taux de réduction du risque d’hospitalisation chez les 12-18 ans doublement vaccinés, contre le variant Delta

Source : New England Journal of Medicine