Les écoles rouvriront dès lundi avec de nouvelles consignes sanitaires pour s’adapter à la circulation du variant Omicron. Survol des questions que nos lecteurs-parents nous ont le plus souvent posées.

Publié le 16 janvier
Judith Lachapelle
Judith Lachapelle La Presse

« Quelles sont les nouvelles consignes d’isolement pour les enfants et leur famille qui contractent la COVID-19 ? »

Depuis le début du mois, la durée de l’isolement tant pour les cas positifs que pour les contacts (soit les gens qui vivent sous le même toit qu’un cas positif) a été réduite.

  • Moins de 12 ans, vacciné ou non : 5 jours
  • 12 ans et plus, non vacciné : 10 jours
  • 12 ans et plus, vacciné : 5 jours

Après cinq jours d’isolement, les enfants de moins de 12 ans (qui ne sont généralement pas encore adéquatement vaccinés) doivent faire un test rapide (autotest). Si le test est négatif, l’enfant peut retourner à l’école à certaines conditions. S’il est positif, il doit rester isolé cinq autres journées.

Consultez la liste des symptômes

« Après cinq jours d’isolement, quelles sont les chances que le résultat de l’autotest soit négatif ? »

Aussi bien prendre son mal en patience : même si l’enfant a peu de symptômes, le test peut être positif pendant plus de cinq jours, avertit le DJesse Papenburg, spécialiste en infectiologie pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants. « On n’a pas encore de données scientifiques sur la durée d’infection moyenne chez les enfants, mais effectivement, il se peut très bien que le test rapide soit positif après cinq, six jours, ou plus, même si l’enfant se porte bien. »

La netteté de la ligne qui apparaît sur l’autotest donne une indication de la charge virale dans l’échantillon prélevé. Une ligne pâlotte, qui met du temps à se révéler, peut signifier une présence moins forte du virus, néanmoins suffisante pour être contagieuse, dit le DPapenburg. « Une ligne plus faible ne peut pas être prise à la légère, dit-il. Elle pourrait indiquer qu’on est au début d’une infection et que la charge virale va augmenter de façon dramatique. Ou elle peut indiquer qu’on est à la fin de l’infection, mais que, malheureusement, on doit encore se considérer comme contagieux. »

« Lorsqu’un cas se déclare dans un groupe, est-ce que tous les enfants doivent se mettre en isolement ? »

Non. Un « contact » doit s’isoler s’il est considéré comme « à risque élevé » – défini par les personnes qui vivent sous le même toit qu’un cas positif. Les élèves « contact » sont considérés comme « à risque faible » lorsqu’ils se côtoient avec un masque, ou « à risque modéré » quand ils se côtoient durant plus de 15 minutes sans masque (par exemple, à la cafétéria). Dans ces deux cas, les élèves âgés de moins de 12 ans doivent simplement surveiller l’apparition de symptômes.

Par contre, si on se fie au tableau publié par le gouvernement, les règles d’isolement des « contacts » sont différentes pour les élèves âgés de plus de 12 ans qui ne sont pas vaccinés. Ceux qui sont considérés comme « à risque faible » n’ont pas besoin de s’isoler, mais ceux qui sont « à risque modéré » (par exemple, parce qu’ils ont pris leur lunch avec un cas positif) devront s’isoler à la maison 10 jours.

Consultez les consignes d’isolement pour les personnes contacts

« Les enfants qui ont eu la COVID-19 sont-ils mieux protégés que les autres ? »

Généralement, oui. Mais le Dr Jesse Papenburg relève quelques éléments à prendre en considération.

D’abord, il faut tenir compte du moment où l’infection à la COVID-19 a été détectée. « Une infection procure une excellente protection qui dure au moins trois mois », rappelle-t-il. Cette protection immunitaire se prolonge certainement au-delà de cette période, mais sa vigueur varie selon les personnes.

Ensuite, le variant en cause joue aussi un rôle. « On sait qu’une infection antérieure au variant Delta, ou à une autre des souches originales, est moins bonne contre Omicron. » Si l’infection est survenue après la mi-décembre, il y a de grandes chances qu’elle ait été causée par Omicron, souligne le DPapenburg.

« À quel moment un enfant qui a eu la COVID-19 peut-il recevoir sa première ou sa deuxième dose de vaccin ? »

C’est qu’ils sont nombreux, ces enfants qui ont eu la COVID-19 pendant les vacances… Nombre d’entre eux qui avaient reçu une première dose avant les Fêtes devaient recevoir la deuxième en janvier.

Mercredi, le gouvernement a recommandé que les adultes infectés et doublement vaccinés reçoivent rapidement leur dose de rappel, dès qu’ils sont rétablis.

« Cette consigne s’applique-t-elle aux enfants en attente d’une dose ? », se demande une lectrice, Elise Barbeau. Non, dit le DJesse Papenburg. À moins de la publication d’un nouvel avis par le Comité sur l’immunisation du Québec, le spécialiste suggère d’attendre au moins huit semaines après une infection par la COVID-19 avant de faire vacciner l’enfant, qu’il s’agisse de sa première ou de sa deuxième dose.

Et dans le cas où l’infection n’a pas été confirmée par un test PCR ou un test rapide ? Ça dépend, dit le Dr Papenburg. « Si l’enfant a été en contact avec une autre personne qui a eu un résultat positif, on peut présumer, avec Omicron, qu’il a eu une infection à la COVID-19. Si l’enfant a des symptômes, mais qu’il n’a pas été en contact avec une personne qui a eu un résultat positif, c’est moins clair. Je suggérerais alors aux parents de donner la dose de vaccin au moment qui avait été prévu. »

Dans tous les cas, précise le DPapenburg, « ce n’est pas dangereux de recevoir une dose de vaccin “trop vite” après une infection ». Idéalement, on souhaite simplement laisser le temps au système immunitaire de gagner en maturité entre deux « stimulations », qu’il s’agisse d’une infection ou d’une dose de vaccin.