La cinquième vague n’épargne personne, même les gens vaccinés ayant contracté le virus auparavant.

Publié le 13 janvier
Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

Peu avant le décompte du jour de l’An, Ariane Lesage a reçu un message concernant un test PCR effectué dans la journée. Résultat : elle était positive. Quelques jours plus tôt, elle avait passé le réveillon de Noël en famille, avec son frère, qui a développé des symptômes par la suite. « On ne pensait pas l’avoir, parce qu’on venait tout juste d’attraper la COVID-19 », raconte l’assistante technique en pharmacie.

En octobre dernier, Ariane Lesage, son conjoint et leur fils de 6 ans ont contracté la COVID-19. Le couple était pourtant doublement vacciné, même si les deux doses reçues par la jeune femme remontent à janvier et mai 2021. Âgée de 32 ans, elle se dit surprise d’avoir ressenti fortement les symptômes liés au virus à l’automne. « Je n’étais même plus fonctionnelle », se rappelle-t-elle, précisant avoir pensé se rendre à l’hôpital. L’infection durant les Fêtes a toutefois été moins grave, avec des symptômes semblables à ceux d’un rhume, relate-t-elle. « J’étais quand même capable de faire mes tâches et d’être debout », dit-elle.

La semaine dernière, Cynthia Simard a aussi contracté le virus pour la deuxième fois. Travailleuse essentielle, elle avait pourtant reçu une dose de vaccin en décembre 2020.

PHOTO FOURNIE PAR CYNTHIA SIMARD

Cynthia Simard

En mai 2020, elle avait ressenti des douleurs musculaires et une fatigue intense, qui a perduré. « Je commençais juste à m’en sortir », se désole-t-elle. Cette fois-ci, « j’ai l’impression d’avoir la vraie COVID, poursuit Cynthia Simard. J’ai des courbatures, un mal de tête, une perte de goût et d’odorat, ainsi qu’un mal de gorge ».

Un « cas assez classique » avec Omicron

Une double infection est « un cas assez classique avec le variant Omicron », affirme Alain Lamarre, professeur-chercheur spécialisé en immunologie et virologie à l’Institut national de la recherche scientifique. Depuis les Fêtes, le variant a gagné du terrain au Québec. En date du 8 janvier, on soupçonne que près de 95 % des cas lui sont attribuables, alors que les 5 % qui restent seraient liés au variant Delta, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Davantage d’informations sur le nombre de personnes doublement infectées au Québec devraient être fournies sous peu, selon l’INSPQ. « Avec le changement annoncé dans la stratégie de dépistage, où le nombre de cas confirmés par PCR est à la baisse, il deviendra plus difficile d’identifier les cas de réinfections dans les données de surveillance à partir de maintenant », a toutefois nuancé Sybille Jussome, conseillère en communication de l’Institut, dans un échange de courriels avec La Presse.

Lorsqu’une personne contracte la COVID-19 pour la deuxième fois, on espère que l’infection sera moins grave, avance André Veillette, professeur de médecine et directeur de l’Unité de recherche en oncologie moléculaire à l’Institut de recherches cliniques de Montréal. Si l’on est exposé à une plus grosse dose du virus la deuxième fois, cela « pourrait être pire » que la première infection, reconnaît-il.

Il ne faut pas compter sur le vaccin ou une infection antérieure pour se dire qu’on ne va jamais avoir [le virus] et qu’on ne sera pas malade. Les chances sont qu’on va être moins malade, mais ce n’est pas garanti.

André Veillette, immunologiste

La question de la troisième dose

Ceux qui ont été infectés par le passé et qui ont reçu deux doses de vaccin devraient aller chercher une troisième dose pour s’assurer d’avoir « une bonne réponse immunitaire et qu’elle est assez récente », suggère Alain Lamarre.

Le DDonald Vinh, infectiologue-microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill, abonde dans le même sens. « On ne sait pas combien de temps va durer Omicron et il y a toujours un risque de tomber malade », soutient-il. Mais si l’infection est survenue après le 26 décembre, il y a de fortes chances que ce soit alors le variant Omicron qui ait frappé, estime le médecin. Dans ce cas, recevoir une dose de rappel n’est « pas urgent » et cela peut se faire de deux à trois mois après avoir contracté la COVID-19, estime-t-il.

Mercredi, Québec a annoncé que les gens ayant contracté la COVID-19 récemment peuvent aller chercher une troisième dose dès la fin de leurs symptômes. Un intervalle de trois mois entre la deuxième et la troisième injection est toutefois maintenu.