Les pharmacies recevront près de 3 millions de tests rapides de dépistage de la COVID-19 la semaine prochaine. Des articles très attendus, comme en témoignent les files d’attente monstres de Québécois voulant mettre la main sur une trousse, ces dernières semaines.

Publié le 8 janvier
Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

« Mardi matin, on va être prêts », lance Benoit Morin, président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires. Près de 3 millions d’autotests de type BTNX – distribués en boîtes de cinq – seront offerts dans les pharmacies de la province, affirme Hugues Mousseau, directeur général de l’Association québécoise des distributeurs en pharmacie. Des nouvelles très encourageantes, selon lui.

Le début de la distribution sera « difficile, parce que la demande pour les tests rapides est encore forte », estime Benoit Morin. D’autant que certaines trousses ont déjà été réservées, notamment par des gens vulnérables incapables de se déplacer en pharmacie.

Autre problème : mercredi dernier, les 3 millions de tests rapides commandés directement par Québec sur le marché international ne sont pas arrivés à bon port. La livraison « a été annulée par le fournisseur », précise Marjorie Larouche, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

La demande internationale pour les tests rapides est très importante et il est difficile de conclure des ententes.

Marjorie Larouche, porte-parole du MSSS, dans un échange de courriels avec La Presse

En janvier, le Québec obtiendra 31,5 millions des 140 millions de tests rapides de dépistage distribués par Ottawa. Benoit Morin a bon espoir que ces tests promis dans les prochaines semaines par Ottawa arriveront bien en pharmacie. « Le gouvernement fédéral a déjà des ententes signées avec les fournisseurs, fait-il valoir. Mais quand on parle d’ententes sur un marché international aussi vorace et que tout le monde veut des tests en même temps, j’ai des doutes tant que l’avion n’est pas arrivé. »

La course aux tests rapides

En décembre, près de 4,5 millions de tests rapides ont été distribués dans les pharmacies du Québec, qui ont été submergées de demandes. Le besoin en autotests se fera sentir dans les prochains jours, étant donné que les tests PCR sont maintenant réservés à certains groupes, notamment les travailleurs de la santé, les personnes hospitalisées et les sans-abri.

Les pharmacies ont reçu de nombreuses requêtes pour des tests rapides dans les dernières semaines, raconte M. Morin. « Ça crée de la frustration parce que les gens sont symptomatiques et anxieux, alors ils veulent vérifier », dit-il. Mais la forte demande est temporaire et doit être soulagée par les millions de tests dont l’arrivée est prévue au mois de janvier.

C’est une bonne nouvelle, parce que les gens vont finalement avoir les tests rapides à la maison avant d’en avoir besoin. C’est le but et l’utilité de ces tests, de les avoir avant d’être symptomatique pour savoir si l’on doit s’isoler ou non.

Benoit Morin, président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires

Benoit Morin compare la pénurie de tests rapides à celle des couvre-visages et des vaccins au début de la pandémie, alors que la demande était très forte par rapport à la quantité disponible. Les arrivées des prochaines semaines devraient réduire la pression sur les pharmacies, sans compter qu’après avoir reçu une boîte, il est nécessaire d’attendre 30 jours avant d’en obtenir une nouvelle pour la même personne.

Retour à la garderie redouté

Anick Laporte, travailleuse essentielle, redoute le retour à la garderie de son garçon de 3 ans, lundi prochain. Si son jeune fils présente des symptômes, elle doit le faire tester avant de l’y conduire.

Or, avant les Fêtes, elle dit n’avoir reçu qu’une trousse de cinq tests rapides de l’école de son fils de 7 ans, et aucune de la garderie. « Le milieu des garderies [a] déjà été approvisionné », affirme pourtant Maude Jutras, du service des communications du CISSS de Lanaudière.

Anick Laporte craint que les cinq tests ne soient pas suffisants. « Mon garçon de 3 ans est tout le temps enrhumé, dit la travailleuse essentielle. Un petit rhume équivaut à un test. »

Avec la collaboration de Mylène Crête, La Presse

La Saskatchewan croule sous les tests rapides

En Saskatchewan, province d’environ 1,2 million d’habitants, il suffit d’entrer dans une bibliothèque, une caserne de pompiers ou certaines épiceries pour se procurer une boîte contenant cinq tests. Le gouvernement de la province a déclaré cette semaine avoir distribué plus de 12 millions de tests dans environ 600 lieux. Quelque 3,7 millions d’entre eux ont été envoyés aux communautés par le truchement des réseaux de distribution publics, comme les bibliothèques, depuis novembre. En date du 17 décembre, les chiffres fédéraux indiquaient que le Manitoba avait reçu environ 3,2 millions de tests. La Saskatchewan avait reçu plus de 10,6 millions de tests, beaucoup plus que ses voisins. Les fonctionnaires saskatchewanais ont dit qu’ils en recevaient davantage parce qu’ils en demandaient davantage.

La Presse Canadienne