(Ottawa) Il reviendra aux provinces et aux territoires d’en décider, mais le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, estime que la vaccination obligatoire contre la COVID-19 est le seul moyen de se sortir de la crise.

Mis à jour le 7 janvier
Mylène Crête
Mylène Crête La Presse

« Je crois qu’on va en arriver là un jour », a-t-il affirmé en conférence de presse vendredi pour faire le point sur la pandémie, en précisant qu’il s’agissait seulement de son opinion. Un journaliste venait de lui demander si le Canada devait imposer la vaccination obligatoire à l’instar de l’Italie. Le gouvernement italien a décidé mercredi d’exiger la vaccination obligatoire pour toutes les personnes de plus de 50 ans.

M. Duclos croit que ses homologues devront l’envisager puisque la pandémie pourrait encore durer des mois, voire quelques années.

« Étant donné la fragilité de notre système de soins de santé au pays, le vieillissement de la population, les coûts accrus qu’il y a à prendre soin de tout le monde, je crois que ce genre de mesure – qui n’est pas considérée présentement et on comprend pourquoi – va faire partie des discours, des réflexions et peut-être même des actions des provinces et des territoires à plus long terme », a-t-il continué.

Il a précisé qu’il y aurait « toujours des exceptions appropriées » comme les gens qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons médicales. Plus tard, il a ajouté que la vaccination lui apparaissait comme « la seule façon » de vaincre la pandémie.

Les tests rapides, les masques, la distanciation physique, les tests PCR, tout ça, c’est très bien – ce sont des éléments de notre boîte à outils qui sont importants –, mais la façon de sortir de cette crise de manière définitive, c’est la vaccination.

Le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos

Au Québec, la Loi sur la santé publique permet au gouvernement Legault d’imposer la vaccination obligatoire en situation d’état d’urgence sanitaire. Celui-ci a été déclaré le 13 mars 2020, soit au tout début de la pandémie. Depuis, il est renouvelé tous les 10 jours par décret.

Bien qu’il estime que la province soit en mesure de lutter contre la pandémie sans avoir recours à la vaccination obligatoire, le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, ne l’écarte pas. « S’il faut aller là, on ira là. En ce moment, on n’est pas là », avait-il dit en conférence de presse le 22 décembre.

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Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé

De son côté, le gouvernement Trudeau impose déjà la vaccination obligatoire aux fonctionnaires fédéraux tout comme aux voyageurs qui prennent le train ou l’avion. Elle sera également bientôt requise pour les travailleurs dans les secteurs sous réglementation fédérale comme les banques, les télécommunications et le transport.

« Les vaccins fonctionnent et les vaccins sont la meilleure façon de se sortir de la pandémie », a fait valoir à son tour le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, avant de s’attaquer au chef conservateur, Erin O’Toole, qui n’impose pas la vaccination obligatoire aux députés et sénateurs de son caucus.

Ressources limitées

Ottawa s’attend, au cours des prochaines semaines, à une augmentation des demandes d’aide des provinces, des territoires et des communautés autochtones aux prises avec la vague Omicron. Les ressources sont toutefois limitées, a mis en garde M. LeBlanc.

« Personne ne devrait être surpris que le gouvernement fédéral n’ait pas un nombre illimité de ressources en santé, a-t-il affirmé. Notre travail est de prendre tout ce que nous avons et de l’allouer le plus efficacement possible. »

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Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc

« Nous pensons souvent que les Forces armées canadiennes sont une source importante de soutien en santé, mais ils ont environ 70 000 membres à desservir, c’est huit fois moins que la population de la ville de Québec », a illustré par la suite M. Duclos.

Environ 200 militaires doivent soutenir la campagne de vaccination du Québec, à Montréal et à Laval.

Le gouvernement fédéral a reçu plus de 150 demandes d’assistance depuis le début de la pandémie, que ce soit pour lutter contre la COVID-19 ou pour d’autres raisons.

Antiviraux : Duclos promet du nouveau bientôt

Par ailleurs, l’approbation des antiviraux de Merck et de Pfizer pour lutter contre la COVID-19 ne serait qu’une question de semaines, selon ce qu’a laissé entendre le ministre Duclos. Des ententes d’approvisionnement ont déjà été conclues avec les fabricants.

Environ 600 personnes sont traitées aux soins intensifs chaque jour d’un océan à l’autre. On dénombre également en moyenne 39 décès quotidiennement. Depuis une semaine, le nombre de cas quotidien de COVID-19 a augmenté de 65 % au pays.