Pour tenter de mettre fin à la « confusion » qui règne concernant la gestion de la cinquième vague de la pandémie de COVID-19, le Parti libéral du Québec demande à ce que l’Assemblée nationale soit convoquée en séance extraordinaire.

Mis à jour le 7 janvier
Judith Lachapelle
Judith Lachapelle La Presse

En conférence de presse vendredi matin, la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a réclamé que le gouvernement vienne expliquer aux 125 députés « les prochaines étapes, les prochains gestes » qu’il compte faire pour traverser cette période. « On doit nous dire de manière claire quoi faire, comment le faire et quand le faire. Cette semaine nous a montré qu’on avait besoin d’une grande clarification des règles. »

De plus, Mme Anglade souhaite que le premier ministre convoque les chefs de parti chaque semaine pour faire le point sur la situation.

Avant même la conférence de presse, le gouvernement Legault a rejeté la proposition, indiquant qu’il était « contre-intuitif de vouloir rouvrir le Parlement » alors que les Québécois doivent éviter les contacts et pratiquer le télétravail. Mme Anglade a rétorqué que son parti était prêt à discuter des modalités. « Ce ne sont pas tous les députés qui doivent être convoqués » sur place, a-t-elle dit, indiquant que cette séance pourrait se dérouler sur une seule journée.

La reprise des travaux parlementaires est prévue le 1er février.

Contrairement aux conférences de presse que tiennent régulièrement les ministres du cabinet de François Legault, une séance extraordinaire de l’Assemblée nationale permettrait à tous les députés d’« être les porte-voix de toutes les questions qu’on entend dans nos comtés », dit Mme Anglade. « Les conférences de presse ne nous permettent pas d’avoir toutes les réponses aux questions », a-t-elle ajouté.

La cheffe libérale a cité l’exemple de la distribution à venir de nouveaux arrivages de tests rapides. « Combien il y en aura ? Comment se fera le déploiement ? a-t-elle énuméré. Pourquoi ne pas les envoyer par la poste ? »

« Il n’y a pas de doute dans mon esprit que plusieurs choses auraient dû être faites différemment », a affirmé Mme Anglade. Sans s’opposer clairement au couvre-feu, elle a qualifié cette consigne de « dernière mesure à mettre en place quand on a perdu le contrôle ».

L’opposition favorable à la proposition

Les autres partis de l’opposition se sont montrés favorables à la démarche proposée par les libéraux. Elle a reçu l’appui de la porte-parole de Québec solidaire en matière d’éducation, Christine Labrie.

« Un gouvernement qui gouverne seul sans reddition de comptes est un gouvernement qui fait des erreurs. Nous voulons l’aider à prendre les meilleures décisions possibles », a-t-elle écrit vendredi sur Twitter.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a aussi affirmé que son parti participerait à l’exercice si l’Assemblée nationale était convoquée en vidéoconférence.

« Par contre, nous pensons qu’il faut d’abord mettre en veilleuse la politique pour faire plus de place à de l’expertise scientifique indépendante et objective, notamment en faisant entrer dans la cellule de crise des experts comme la Dre [Joanne] Liu », a-t-il déclaré, également sur Twitter.

Avec La Presse Canadienne