(Ottawa) Les commerçants à 50 % de leur capacité habituelle pourront obtenir un coup de pouce financier du gouvernement fédéral en raison de la transmission fulgurante de la COVID-19. Le premier ministre Justin Trudeau a prié les gens de limiter leurs contacts à l’approche de Noël. Six membres de sa garde rapprochée ont reçu récemment un résultat positif à la COVID-19.

Mis à jour le 22 déc. 2021
Mylène Crête
Mylène Crête La Presse

Il s’agit de trois employés de son bureau et de trois membres de son équipe de sécurité, a-t-il révélé lors d’une conférence de presse virtuelle, ajoutant qu’ils avaient pris les mesures appropriées pour éviter d’infecter d’autres personnes.

« C’est un rappel que le virus est partout, qu’il est une menace et que nous devons demeurer vigilants », a-t-il affirmé. Le premier ministre a indiqué avoir passé plusieurs tests de dépistage rapide qui, jusqu’à maintenant, se sont tous révélés négatifs. Il a dit limiter tout de même ses contacts sans toutefois être en isolement complet et demeure à l’affût de tout symptôme qui pourrait faire son apparition.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la conférence de presse s’est déroulée virtuellement et non en personne.

La ministre des Finances, Chrystia Freeland, a annoncé l’élargissement de deux nouveaux programmes d’aide créés avec l’adoption la semaine dernière du projet de loi C-2 pour faire face à la pandémie. Il sera en vigueur du 19 décembre au 12 février 2022.

Les commerçants qui doivent réduire leur capacité d’accueil à 50 %, comme c’est le cas au Québec, pourront donc avoir accès au Programme de soutien en cas de confinement local s’ils peuvent démontrer que leurs recettes ont diminué d’au moins 25 % par rapport à 2019. Ils auront droit à des subventions salariales et à des subventions pour le loyer de 25 % à 75 %, selon leurs pertes de revenus.

Les personnes qui se sont soudainement retrouvées sans emploi en raison des nouvelles restrictions auront également accès à la Prestation canadienne pour les travailleurs en cas de confinement. Elles pourraient toucher 300 $ par semaine si elles ont perdu au moins 50 % de leurs revenus.

« La semaine dernière, dans la mise à jour économique et budgétaire, nous avons mis de côté un montant de 4,5 milliards en prévision de l’impact d’Omicron, a rappelé Mme Freeland. Le coût de l’élargissement des programmes de soutien est estimé à 4 milliards de dollars et sera entièrement couvert par le montant prévu dans la mise à jour. »

« La chose à faire »

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) et Restaurants Canada avaient réclamé une aide immédiate la veille pour les petits entrepreneurs aux prises avec de nouvelles restrictions. Près d’un quart des petites et moyennes entreprises au pays estiment qu’elles pourraient faire faillite dans les six prochains mois, avaient-ils fait valoir dans une lettre ouverte. C’était avant la vague causée par le variant Omicron.

« C’était la chose à faire compte tenu des circonstances, a affirmé le vice-président aux affaires nationales de la FCEI, Jasmin Guénette. Toutes les provinces canadiennes annoncent des restrictions. Ça va de fermetures complètes à des restrictions en matière de capacité. »

M. Guénette presse toutefois le gouvernement fédéral d’aider également les autres types d’entreprises touchées par la COVID-19, comme les fournisseurs du secteur hôtelier qui ont perdu des contrats ou les nettoyeurs à sec dont les services sont moins requis à cause du télétravail.

Le variant Omicron se propage rapidement un peu partout au pays. La Santé publique fédérale a indiqué qu’il est désormais le variant dominant dans plusieurs régions et qu’il a accéléré la transmission communautaire. Plus de 2360 cas causés par ce variant ont été confirmés à ce jour au Canada.

La semaine dernière, plus de 5000 nouveaux cas de COVID-19 étaient signalés quotidiennement dans l’ensemble du pays, mais ce nombre a plus que doublé avec 11 300 nouveaux cas rapportés pour la seule journée de mardi. La Santé publique fédérale estime que le nombre officiel de cas détectés par les provinces est probablement en deçà de la réalité en raison de la forte transmission communautaire et de la pression sur la capacité de dépistage.