La vaccination des 5 à 11 ans a commencé il y a trois semaines, mais par rapport au reste de la province, Montréal et Laval sont à la traîne. Dans certains quartiers de la métropole, un enfant sur quatre a reçu sa première dose de vaccin contre la COVID-19, tandis qu’ailleurs, c’est plus de la moitié.

Publié le 15 déc. 2021
Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

En moyenne, à Montréal, 39 % des 5 à 11 ans ont eu une dose de vaccin. À Laval, cette proportion se situe à 34 %. Dans l’ensemble du Québec, elle s’élève à 44 %.

« On comprend qu’on n’est pas du tout à la même place », dit en soupirant Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES).

Dans l’île, la variation d’un quartier à l’autre est grande. À Saint-Léonard, par exemple, seulement 17 % des enfants de 5 à 11 ans ont eu une première dose de vaccin contre la COVID-19. À l’autre bout du spectre se trouve Beaconsfield, où 63 % des enfants ont eu leur première dose.

« C’est décevant qu’encore une fois, la réponse à la vaccination soit si inégale sur l’île, malgré les efforts qui ont été faits et malgré notre collaboration », déplore Mme Legault.

Le message ne passe pas dans certains quartiers montréalais plus défavorisés, vulnérables ou pluriethniques.

Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire

Le fait que la vaccination dans les écoles primaires de l’île de Montréal a été variable d’un endroit à l’autre a parfois semé une « confusion » chez les parents, dit-elle, tout en observant que des CIUSSS ont été plus « proactifs » que d’autres.

La vaccination semble se mettre en place en vitesse dans certaines écoles. L’école primaire Hélène-Boullé, dans le quartier Villeray, a envoyé peu avant 16 h, mardi, un courriel aux parents pour les aviser que de la vaccination aurait lieu à l’école… mercredi.

« Nous venons d’apprendre que la vaccination contre la COVID-19 aura lieu à notre école demain », y lit-on.

Objectif : 50 % d’ici Noël

En matière de vaccination, les cinq CIUSSS de l’île de Montréal ont des « approches communes », dit le DPaul Le Guerrier, médecin-conseil rattaché à la Direction régionale de santé publique de Montréal et coordonnateur de la vaccination COVID-19 à Montréal.

Autant que possible, on essaie de se rendre dans toutes les écoles et si on est incapables, on se rend dans les écoles des milieux défavorisés, parce qu’on sait que ce sont les plus difficiles à convaincre.

Le DPaul Le Guerrier

La Direction régionale de santé publique de Montréal souhaite donner une première dose de vaccin à plus de 50 %, « peut-être 60 % », des enfants avant la fermeture des écoles, un taux déjà atteint en Abitibi-Témiscamingue, au Saguenay–Lac-Saint-Jean et en Gaspésie, par exemple.

Dans certains quartiers défavorisés de la métropole, des équipes font du porte-à-porte. « On ne peut pas convaincre les 5-11 ans, il faut convaincre les parents », rappelle le médecin.

Au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, qui couvre le secteur de Saint-Léonard où 17 % des enfants ont reçu une première dose de vaccin, on explique qu’il restait en date du 10 décembre 30 écoles sur 86 à visiter d’ici le 20 décembre. « Nous travaillons présentement à la mise sur pied d’activités de vaccination de proximité pour cette clientèle qui pourraient être déployées possiblement pour le retour du congé des Fêtes », dit son porte-parole, Christian Merciari.

Des tests avant le retour de janvier ?

Mardi, la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, exprimait le souhait au quotidien Le Devoir que les élèves des écoles primaires de Montréal subissent un test de dépistage rapide de la COVID-19 avant leur retour en classe en janvier. Ce test, disait-elle, pourrait aussi se faire à l’école le jour de la rentrée.

À l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES), on ne voit pas comment on pourrait tester tous les élèves au retour des Fêtes. « Ça me semble très exigeant et peu réaliste avec les ressources que nous avons et la pénurie de personnel à laquelle on fait face. Sauf si c’est fait par les parents, avant le retour à l’école », dit sa présidente Kathleen Legault.

44 % : proportion des écoles actuellement aux prises avec au moins un cas de COVID-19