Malgré l’exhortation gouvernementale à recevoir leur troisième dose de vaccin contre la COVID-19 dès qu’ils y sont admissibles, des Québécois ont de la difficulté à trouver un rendez-vous en ligne à la date permise.

Publié le 10 déc. 2021
Ariane Krol
Ariane Krol La Presse

Des lecteurs âgés de 70 ans et plus, ou ayant un problème de santé donnant droit à une dose de rappel, ont constaté, en voulant prendre rendez-vous sur Clic Santé, qu’ils devraient attendre bien au-delà de leur date d’admissibilité fixée six mois après leur deuxième dose. Des personnes admissibles en décembre se sont vu proposer des rendez-vous en janvier seulement.

Une résidante de Longueuil, admissible le 13 décembre, n’a pas trouvé de plage horaire avant le 9 janvier à l’endroit où elle avait reçu sa deuxième dose. Les dates plus rapprochées qui suivaient dans la liste étaient au Stade olympique et dans La Petite-Patrie, à Montréal. Elle a fini par trouver un rendez-vous dans un autre Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) que le sien en Montérégie.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a pourtant pressé les aînés de recevoir leur dose de rappel le plus tôt possible. « Surveillez votre date d’éligibilité à la troisième dose parce que, je le répète, je trouve que ça avance très lentement », a-t-il dit en conférence de presse, le 29 novembre. « Allez chercher votre troisième dose aussitôt que votre date d’intervalle de six mois est prête », a-t-il réitéré le 7 décembre. « Nos personnes âgées, important d’aller chercher la troisième dose si vous faites partie du groupe », a aussi affirmé le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, durant le même point de presse.

Il est possible que dans certaines régions, les rendez-vous disponibles en décembre soient tous réservés.

Robert Maranda, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux

La campagne actuelle cible plusieurs groupes (enfants de 5 à 11 ans, aînés de plus de 70 ans, personnes immunodéprimées et dialysées, ou ayant une maladie chronique ou un problème de santé à risque de complications), souligne Robert Maranda, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), par courriel.

Sur le territoire du CISSS de la Montérégie-Est, qui inclut une partie de Longueuil, la vaccination des jeunes de 5 à 11 ans occupe une grande place « et les plages horaires pour d’autres clientèles peuvent en effet en être impactées », nous a confirmé la porte-parole du CISSS, Marianne Paquette, par courriel.

Devant le grand nombre de personnes admissibles à une troisième dose, le CISSS a ajouté de nombreuses plages horaires, « mais cela crée tout de même de la congestion ». « Puisque les entreprises et les pharmacies ne vaccinent pas, cela engendre un achalandage accru sur nos sites », ajoute Mme Paquette

Dans l’ensemble des régions du Québec, « plus de 270 000 plages horaires sont encore disponibles d’ici Noël », a indiqué M. Maranda jeudi matin.

Refus pour l’AstraZeneca

Des lecteurs ayant reçu deux doses du vaccin d’AstraZeneca – et donc admissibles à une dose de vaccin à ARNm (Pfizer ou Moderna) six mois après leur deuxième dose – se sont butés à un message de refus sur Clic Santé.

Bloqué en ligne le jour de sa date d’admissibilité, Christian Castonguay s’est vu offrir un rendez-vous au téléphone dès le lendemain. Sa conjointe et deux amis, tous de Laval, ont aussi essuyé des refus en ligne, a-t-il ajouté.

Québec avait annoncé que les doubles vaccinés avec le vaccin d’AstraZeneca ou Covishield pouvaient s’inscrire à partir du 25 novembre.

Élise-Mercier Gouin, de Montréal a essayé de le faire à une dizaine de reprises à partir de cette date sur Clic Santé, mais s’est vu opposer un « Message important » indiquant : « Vous n’êtes pas encore autorisé à prendre rendez-vous. » Par téléphone, elle a obtenu des rendez-vous pour elle et sa sœur dans les jours suivant leur date d’admissibilité. « Ce n’est pas un problème de plages horaires, il y en avait en masse », nous a indiqué Mme Gouin. La préposée « m’a dit qu’elle avait des appels d’AstraZeneca, de 70 ans et plus, de parents pour des enfants ! », témoigne-t-elle.

Les rendez-vous pour les personnes ayant reçu deux doses du vaccin d’Astra Zeneca « peuvent se prendre en ligne sur la plateforme de Clic Santé », assure le MSSS.

Dépistage ralenti

En Montérégie-Est, le délai pour obtenir un rendez-vous de dépistage, qui était de 24 heures jusqu’à lundi, est maintenant de 36 à 48 heures, indique la porte-parole du CISSS, Marianne Paquette. Une hausse du nombre d’éclosions et de tests, combinée à une baisse du nombre de dépisteurs, est en cause, dit Mme Paquette.

Dans le CISSS voisin, celui de la Montérégie-Centre, le délai pour obtenir un rendez-vous est aussi passé de 24 heures à 36 à 48 heures. Le CISSS offre toutefois le dépistage sans rendez-vous. La distribution de tests rapides aux parents d’enfants en CPE et au primaire « contribuera à réduire les délais d’attente dans nos centres de dépistage », prévoit aussi la porte-parole du CISSS, Chantal Vallée.