(Québec) Aura-t-on des petits ou des moyens partys de famille aux Fêtes ? Le premier ministre François Legault aimerait que les Québécois puissent être jusqu’à 25 autour de la table, mais la Santé publique ne se prononcera pas avant le 6 décembre.

Mis à jour le 29 nov. 2021
Ariane Krol
Ariane Krol La Presse
Gabriel Béland
Gabriel Béland La Presse

« Moi, j’espère personnellement avoir le OK pour que durant le temps des Fêtes on soit capables de monter à 20-25. Mais pour l’instant, je vais écouter les recommandations de la Santé publique », a lancé le premier ministre lundi, en marge de l’inauguration du Club Med de Charlevoix.

La réponse ne viendra « minimalement pas avant le 6 décembre », a fait savoir le directeur national de santé publique du Québec, le DHoracio Arruda, en point de presse lundi.

« Je sais que ça met de la pression, les gens aimeraient savoir et planifier, mais il faut regarder l’épidémiologie », a plaidé le DArruda en mentionnant « Omicron qui s’est ajouté dans l’échiquier ».

Les informations à venir sur le nouveau variant seront déterminantes, souligne la Dre Caroline Quach-Thanh, pédiatre, microbiologiste-infectiologue, épidémiologiste et responsable de la prévention et du contrôle des infections au CHU Sainte-Justine.

C’est sûr que si Omicron n’est pas pire que Delta, je pense qu’on est capables, avec la couverture vaccinale qu’on a, de se voir quand même en prenant les mesures de base.

La Dre Caroline Quach-Thanh, épidémiologiste

Elle recommande notamment d’éviter de « voir plein de monde pas de masque » dans la semaine précédant l’évènement et, en cas de symptômes, d’aller au centre de dépistage et non à la fête.

« C’est sûr qu’au fur et à mesure que les Fêtes vont passer, le risque va augmenter, concède la Dre Quach. Mais je pense qu’on ne peut pas faire un deuxième Noël encore encabané chez soi, les gens ont besoin de se voir. »

Pour des tests rapides

Les tests antigéniques rapides à auto-administrer ne sont toujours pas vendus en pharmacie au Québec. « On nous dit que ça pourrait être disponible bientôt, mais personne n’en a dans le moment », indique le président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), Benoît Morin.

Québec devrait les rendre accessibles aux particuliers, estime Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

« La beauté du test antigénique, c’est que s’il sort positif, ça veut dire qu’on est dans une phase de contagiosité, donc ça veut dire qu’on doit s’isoler absolument », souligne-t-elle.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dit vouloir « prévenir les Québécois qu’on va s’en aller de plus en plus là », mais n’a pas précisé si son gouvernement les rendrait accessibles aux particuliers. Québec a demandé environ 10 millions de ces tests au fédéral pour les services de garde, a-t-il seulement indiqué.

Puisqu’il y en a « des caisses et des caisses » par l’entremise du fédéral, Québec pourrait en distribuer « aux gens qui ont moins d’argent », suggère le DAndré Veillette, chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal.

De plus en plus, il va falloir donner les instruments à la population pour se prendre en main et se protéger.

Le DAndré Veillette, chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal

L’AQPP a eu « des discussions exploratoires » avec Québec sur le rôle que les pharmaciens pourraient jouer, un peu comme avec la naloxone pour contrer les surdoses d’opioïdes. « Ça favoriserait un retour à la normale », note M. Morin.

Troisième dose réclamée

Québec doit offrir une troisième dose à l’ensemble la population, comme cela se fait déjà ailleurs, estime le DVeillette, qui est membre du groupe de travail sur les vaccins contre la COVID-19 du gouvernement du Canada.

« On aurait dû le faire même avant Omicron, mais je pense qu’Omicron est un exemple concret du fait qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver, donc qu’il faut toujours essayer de maintenir une protection maximale. »

Tout comme le DVeillette, la professeure Borgès Da Silva se demande pourquoi attendre que l’efficacité vaccinale diminue avant d’offrir cette dose de rappel.

« On risque de se retrouver dans une situation pénible pour certaines personnes, qui vont se retrouver aux soins intensifs ou développer des symptômes graves en étant vaccinées avec seulement deux doses. »

Québec suit le même ordre qu’avec les deux premières doses, a indiqué le ministre Dubé en évoquant notamment les CHSLD, les résidences pour aînés et les personnes d’au moins 70 ans. « Après ça, on ira avec les travailleurs de la santé, j’espère que le [Comité sur l’immunisation du Québec] cette semaine va nous donner une réponse là-dessus. »

Appel à tous

L’arrivée du variant Omicron vous incite-t-elle à revoir vos plans pour Noël ? Hésiterez-vous à inviter des proches qui ne sont pas vaccinés ? Un réveillon à 25 personnes, ça vous semble une bonne idée ? Quitte à porter le masque ? Aimeriez-vous avoir accès à des tests rapides à utiliser à la maison ? Écrivez-nous pour nous raconter vos attentes et vos craintes en vue de la prochaine saison des Fêtes.