Plusieurs familles convergeaient mercredi matin vers les centres de vaccination dans la métropole et dans le reste du Québec, alors que s’entame la campagne vaccination des jeunes de 5 à 11 ans, une étape cruciale qui vise à donner une première dose au plus grand nombre d’enfants possibles d’ici Noël.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Je vais pouvoir aller dans plus d’endroits différents, je vais pouvoir voyager dans d’autres pays et aussi protéger mes proches, mes amis, ma famille », lance le jeune Arthur Sorin, neuf ans, après avoir reçu sa première dose du vaccin. Sa mère Dorothée Philippon affirme qu’il n’a pas été difficile pour elle de prendre la décision de faire vacciner son fils.

« C’était une évidence pour nous. On va rentrer en France pendant les Fêtes pour voir la famille, ça fait deux ans qu’on ne les a pas vus. Je ne voulais surtout pas être un vecteur de transmission, surtout que la santé de mon père est fragile », affirme la maman d’Arthur. « C’est dans nos valeurs. On veut surtout protéger nos proches », insiste-t-elle.

« C’est super facile. Ça fait longtemps qu’on attendait ça. Ça n’a pas fait mal du tout. J’avais hâte de pouvoir aller aux fêtes d’amis, que ce soit terminé, qu’on arrête de porter le masque à l’école », raconte de son côté une fillette de 9 ans, à sa sortie du centre de vaccination, accompagnée de sa petite soeur.

Son père, Jean-Pierre Khlot, abonde d’ailleurs dans le même sens. « Ça a été très facile, il n’y a pas eu d’attente, les gens nous ont accompagné tout le long et nous ont aidé aussi à rassurer les enfants », dit-il, en disant avoir pris la décision de vacciner ses filles « pour pouvoir éventuellement reprendre nos activités, revoir la famille et les amis ». « Du moment que la possibilité s’est ouverte, on n’a pas hésité, on est venus les faire vacciner », soulève-t-il.

Un « mini-CLSC »

Dans le centre-ville de la métropole, au Palais des congrès, des usagers se sont présentés dès le début de la matinée, peu avant 9 h, dans la bonne ambiance. Chiens de compagnie, salles adaptées, animation ou encore tatouages éphémères ; le CIUSSS Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal a mis le paquet pour accueillir les enfants.

« On va aussi leur donner des dessins de type cherche et trouve pendant la vaccination, en plus d’avoir de la zoothérapie pratiquement tous les jours », avance la directrice de la vaccination du CIUSSS, Marie-Ève Brunelle. Elle affirme que ce climat ressemble beaucoup à ce que peuvent vivre les enfants dans un CLSC, « avec des petits collants ou des petits cadeaux.

On a voulu mettre en place un mini-CLSC vaccination à l’intérieur du Palais en réalité, ça a été notre ligne de conduite.

Marie-Ève Brunelle, directrice de la vaccination du CIUSSS

« S’il y a des enfants très effrayés, qui crient ou se débattent, ce n’est pas propice à la vaccination. Dans de tels cas, on va demander au parent de rassurer son enfant avec l’aide d’un professionnel. Le rôle des parents est aussi de les rassurer avant l’arrivée », indique-t-elle en ce sens.

Au Palais des congrès, les équipes sur place estiment être en mesure de vacciner jusqu’à 1000 enfants par jour, mais l’opération ne grimpera pas jusque-là dans les premiers jours, la machine étant encore « en rodage », avouent les autorités.

Huit semaines d’intervalle

Au total, on compte environ 650 000 enfants de 5 à 11 ans au Québec. L’intervalle entre l’administration des doses de vaccin sera fixé à huit semaines, suivant la recommandation du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ). En disant vouloir éviter de mettre de la pression sur les parents, le premier ministre François Legault a tout de même invité mardi les parents à prendre la décision de faire vacciner leur enfant pour les protéger contre le virus et pour éviter les impacts liés à la fermeture éventuelle d’écoles.

« Tenir sa grand-maman ou son grand-papa dans ses bras sans avoir peur de lui donner la COVID peut aussi avoir une certaine valeur pour les enfants », a-t-il dit en point de presse, en évoquant l’approche de la période des Fêtes. Plusieurs autres sites de vaccination à travers la métropole et la province lançaient aussi leur campagne de vaccination auprès des jeunes enfants mercredi.

En date de mercredi, pas moins de 143 000 rendez-vous avaient été pris par l’entremise de la plateforme Clic Santé chez les 5-11 ans, soit tout près de 20 % de cette catégorie d’âge. La campagne de vaccination se déploiera dans les écoles à compter de la semaine prochaine. Les parents devront d’abord donner leur consentement pour que leur enfant soit vacciné en milieu scolaire.