(Québec) À l’approche de la vaccination des enfants de 5 à 11 ans, la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) déplore d’être tenue à l’écart des discussions sur le déploiement de la campagne dans les écoles. La FQDE réclame une « certaine prévisibilité » pour mettre en place l’opération.

Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

« On sait que ça va arriver bientôt, mais on n’a aucune nouvelle », déplore le président de la FQDE, Nicolas Prévost.

En attente du feu vert de Santé Canada, Québec se prépare depuis septembre à la campagne de vaccination des 5 à 11 ans. Les sociétés pharmaceutiques Pfizer et BioNTech ont déposé une requête d’autorisation à l’agence fédérale la semaine dernière pour l’utilisation d’un vaccin contre la COVID-19 chez ce groupe d’âge.

Les autorités québécoises ont déjà fait savoir qu’elles prioriseraient un « modèle hybride » permettant la vaccination scolaire et la prise de rendez-vous direct en centre de vaccination, comme lors de la campagne des 12 à 17 ans.

Mais alors qu’on pourrait administrer une première dose aux enfants de 5 à 11 ans avant les Fêtes, la FQDE demande d’être mise rapidement dans le coup pour bien faire « atterrir » la campagne dans le réseau scolaire.

Dans la prévisibilité, les gens sont moins réactifs que si on apprend lundi matin que la vaccination commence dans l’après-midi.

Nicolas Prévost, président de la FQDE

La FQDE dit n’avoir été mise au parfum d’aucun scénario potentiel ou horizon de déploiement, à l’exception du fait que la campagne « pourrait ressembler » à celle des adolescents.

« On nous a dit que la Santé publique avait commencé à regarder divers scénarios […]. Comme dirigeants d’école, on veut être associés à ces discussions, soutient-il. On a fait la demande la semaine dernière et on est toujours sans nouvelles. »

M. Prévost observe que les établissements reçoivent « plus de questions des parents » sur le déroulement de la vaccination chez les tout-petits. Il prédit que beaucoup voudront accompagner leur enfant le jour J. Faudra-t-il organiser le transport scolaire ? Les parents amèneront-ils l’enfant directement ? Si on le fait à l’école, faudra-t-il prévoir des espaces pour accueillir les parents ? Autant de questions que soulève M. Prévost. « Tout ça peut être planifié en attendant le feu vert [de Santé Canada] », dit-il.

Bien informer les patients

Les établissements veulent par ailleurs avoir le temps de « bien informer les parents » sur la vaccination « pour assurer un certain succès plutôt que d’envoyer l’information à la dernière minute ». Il faut aussi prévoir le temps d’acheminer les autorisations parentales à la vaccination, fait-il observer.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux assure quant à lui être en « communication avec les parents [par l’entremise du] système scolaire, afin de voir quelles seraient les options préférées de vaccination pour les parents » des enfants à vacciner. M. Prévost a dit ne pas être au courant d’une telle communication dans le réseau.

La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) n’a pas non plus été consultée sur l’opération de vaccination des enfants en milieu scolaire.

C’est toujours bon quand le Ministère nous consulte, parce qu’on a le point de vue du parent, un point de vue auquel le Ministère n’a parfois pas pensé.

Kevin Roy, président de la FCPQ

M. Roy souhaite d’ailleurs qu’une information « claire » soit transmise aux parents et que le processus de vaccination soit « le plus facilitant et accessible possible ».

Selon un sondage de l’Institut national de santé publique du Québec diffusé le 19 octobre, 27 % des parents québécois n’ont pas l’intention de faire vacciner leur enfant de 5 à 11 ans, alors que 63 % disent vouloir le faire et que 10 % ne sont pas certains.

Le Ministère assure que ses équipes de partout dans la province seront prêtes à « entrer en jeu dès que le vaccin sera autorisé » au pays. Des formations sont données aux vaccinateurs autorisés à vacciner les 5 à 11 ans pour les « sensibiliser aux différentes techniques d’approche de cette clientèle ».

Le premier ministre François Legault a affirmé, lors de son discours d’ouverture la semaine dernière, qu’il prévoyait lever l’état d’urgence sanitaire après la vaccination du groupe des 5 à 11 ans, qui devrait, « si tout va bien », être terminée au début de 2022. On estime ce groupe à 650 000 enfants.