La pandémie a chamboulé les habitudes de vie des Québécois, augmenté leur sentiment de solitude et nui à leur situation financière, selon une nouvelle enquête de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) dont les résultats ont été publiés mardi.

Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

Selon l’enquête de l’ISQ, plus des trois quarts des Québécois estiment que leur satisfaction à l’égard de leur vie sociale a diminué depuis le début de la pandémie.

« C’était clairement attendu. Depuis le début de la pandémie, on en parlait, on savait que ça s’en venait. La vie sociale est un besoin fondamental, donc on s’attendait à ce que le bien-être soit affecté », a affirmé Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue clinicienne et professeure à l’Université du Québec à Montréal.

La pandémie a également eu un impact non négligeable sur le sentiment de solitude. En effet, 19 % des Québécois ont souvent eu l’impression de manquer de compagnie, 18 % se sont souvent sentis isolés des autres et 10 % ont souvent eu l’impression d’être laissés de côté.

« La solitude et le manque de soutien social, ce sont de gros facteurs de dépression, donc c’est vraiment important de s’y attarder. Avoir des gens autour de nous qui comprennent comment on se sent et qui peuvent nous épauler, c’est très important », a indiqué la psychologue.

Le sentiment de solitude est plus fréquent chez les femmes, les jeunes âgés de moins de 35 ans, les étudiants, les personnes vivant seules ou en famille monoparentale et les personnes se percevant comme pauvres.

« Ce sont des catégories qui sont souvent dans des situations un peu plus précaires. Par exemple, pour les étudiants, c’est une période de la vie où ils ont absolument besoin du contact avec l’autre. Ça fait partie du développement de l’identité », a expliqué Mme Beaulieu-Pelletier.

Depuis le début de la pandémie, 73 % de la population s’est inquiétée pour la santé d’un proche à risque et 62 % pour sa propre santé.

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Changement des habitudes de vie

Près de la moitié des Québécois ont diminué la fréquence de leurs activités physiques, tandis que 12 % l’ont augmentée. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir augmenté leur pratique d’activités physiques.

Selon les résultats de l’étude, 5 % de la population a augmenté la fréquence de sa consommation de cigarettes. Pour ce qui est de la consommation d’alcool, 14 % l’ont augmentée, alors que 17 % l’ont diminuée.

« Certaines personnes vont se mettre à consommer de l’alcool ou des cigarettes pour tenter de gérer leurs états émotionnels. Si une personne n’a pas l’occasion d’en parler ou de traduire ses émotions autrement, elle va peut-être adapter ses habitudes d’une façon qui n’est pas forcément optimale pour la santé », a indiqué la psychologue.

Répercussions financières

La situation d’emploi d’un grand nombre de Québécois a été perturbée par la pandémie. Les données montrent que 25 % ont dû commencer à travailler à domicile et que 27 % ont perdu leur emploi ou fermé leur entreprise de manière temporaire ou permanente. Les jeunes de 15 à 24 ans ont été particulièrement touchés par de tels bouleversements.

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« Avoir plus d’argent ne va pas nécessairement mener à un plus grand bien-être. Par contre, le fait de ne pas en avoir assez, ça vient influencer le niveau de bien-être. Quand on a l’impression que notre situation est précaire, il peut y avoir une très grande charge de honte, donc ça peut être très difficile à vivre », a soutenu Mme Beaulieu-Pelletier.

Plus du quart des Québécois ont eu de la difficulté à respecter leurs obligations financières ou à répondre à leurs besoins essentiels.

Au total, 7000 Québécois ont répondu au sondage.

Baisse du nombre de cas

Cette nouvelle enquête survient alors que 342 nouveaux cas de COVID-19 ont été recensés dans la province mardi, le plus faible bilan en deux mois. Dans la dernière semaine, 95,5 % des cas recensés étaient dus au variant Delta.

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Le nombre d’hospitalisations a diminué de 303 à 297 par rapport à lundi. Il y a eu 25 nouvelles hospitalisations et 31 congés. Le nombre de patients atteints de la COVID-19 aux soins intensifs a aussi diminué, de 77 à 75. La province a recensé 4 décès supplémentaires.

Le nombre de doses de vaccin administrées dans les dernières 24 heures a été de 6705, contre 5186 lundi et 13 279 vendredi. Rappelons que le risque d’être hospitalisé après avoir contracté la COVID-19 est 21,5 fois plus élevé chez les gens qui ne sont pas vaccinés par rapport à ceux qui ont reçu deux doses de vaccin.

Avec la collaboration de Mathieu Perreault, La Presse