(Ottawa) Les voyageurs canadiens en mal d’une virée au sud de la frontière et les snowbirds qui avaient remisé leur véhicule récréatif pendant des mois peuvent encercler le 8 novembre sur leur calendrier. C’est à compter de cette date que les États-Unis rouvriront leur frontière aux personnes adéquatement vaccinées – y compris celles qui ont reçu une combinaison de vaccins.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Le porte-parole adjoint de la Maison-Blanche, Kevin Munoz, a mis fin au suspense en confirmant la date de réouverture de la frontière sur Twitter, vendredi matin, deux jours après que Washington eut annoncé que ce relâchement était imminent.

« La nouvelle politique de voyage des États-Unis qui exige la vaccination des voyageurs étrangers aux États-Unis débutera le 8 novembre. L’annonce et la date s’appliquent à la fois aux voyages internationaux aériens et terrestres », a-t-il signifié.

La frontière terrestre entre le Canada et les États-Unis était fermée aux déplacements non essentiels depuis le mois de mars 2020. Il n’a cependant jamais été interdit de faire des voyages discrétionnaires au sud de la frontière par voie aérienne.

La vaccination mixte acceptée

Bonne nouvelle pour les quelque 4 millions de Canadiens qui ont eu deux vaccins différents et qui veulent se rendre aux États-Unis : ils seront considérés comme adéquatement vaccinés, ont annoncé vendredi soir les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis.

« Les personnes qui ont reçu une combinaison de deux doses d’une série de deux doses de vaccin contre la COVID-19 approuvée/autorisée par la FDA ou répertoriée par l’OMS pour une utilisation d’urgence sont considérées comme entièrement vaccinées », a indiqué l’autorité réglementaire américaine.

Bien que les CDC n’aient « pas recommandé de mélanger les types de vaccins dans une série primaire, nous reconnaissons que cela est de plus en plus courant dans d’autres pays et devrait donc être accepté pour l’interprétation des dossiers de vaccination », a-t-on ajouté dans la même déclaration écrite.

Les vaccins approuvés par la Food and Drug Administration (FDA) et par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) seront acceptés. Cela comprend les trois qui ont été utilisés au Canada, soit ceux de Pfizer-BioNTech, de Moderna et d’AstraZeneca – ce dernier n’a pas été autorisé par la FDA, mais est reconnu par l’OMS.

Quant aux enfants de moins de 12 ans, non vaccinés, il leur demeure interdit de fréquenter l’école et d’autres lieux publics achalandés pendant une période de 14 jours à un retour de voyage – là encore, jusqu’à nouvel ordre.

Ils auront l’autorisation d’entrer aux États-Unis. « Les enfants qui ne sont pas admissibles à la vaccination n’auront pas l’obligation d’être vaccinés [pour traverser] », a indiqué une porte-parole de l’ambassade des États-Unis à Ottawa, vendredi.

Prudence canadienne

Du côté canadien, on continue d’opter pour la prudence.

Le gouvernement maintient ainsi, jusqu’à nouvel ordre, l’obligation de présenter au retour sur le sol canadien un résultat de test de dépistage remontant à 72 heures au maximum. Un Canadien qui souhaite passer un jour aux États-Unis pourra faire un test au Canada et le présenter au retour, si les 72 heures ne sont pas écoulées.

À ce sujet, la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, a fait valoir jeudi que l’« approche canadienne, qui a consisté à suivre la science, à suivre les recommandations des autorités de santé publique et à pécher par excès de prudence », avait « très bien servi » le pays jusqu’à présent.

Mais les coûts prohibitifs des tests moléculaires que les agents frontaliers canadiens continuent d’exiger au retour, qui frôlent souvent les 200 $, ont de quoi en refroidir beaucoup. Dans le milieu des affaires, on fait pression sur le gouvernement afin qu’il fasse passer cette mesure à la trappe.

Certains membres du Congrès talonnent aussi Ottawa. C’est entre autres le cas d’un représentant de l’État de New York, Brian Higgins, qui semble déterminé à poursuivre le combat, selon ce qu’il a signalé dans une entrevue qu’il a accordée vendredi à La Presse Canadienne.

« Je pense que la décision des États-Unis d’autoriser les Canadiens à entrer aux États-Unis sans test souligne à nouveau la puissance du vaccin, a dit M. Higgins à l’agence. J’aimerais que cela soit réciproque chez nos voisins canadiens. »

Le taux de positivité à ces tests, chez les voyageurs pleinement vaccinés qui entrent au Canada, est de l’ordre de 0,2 %, selon ce qu’a soutenu vendredi en conférence de presse le sous-administrateur en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, le DHoward Njoo.

Ce taux d’infection pourrait gonfler avec une augmentation du volume de voyageurs, a-t-il cependant avancé. « Je pense donc qu’en ce moment, c’est certainement une autre couche de protection. C’est quelque chose qui est en place pour le moment, et nous continuons d’examiner les preuves », a expliqué le DNjoo.