Québec a annoncé jeudi que les bars et les restaurants pouvaient accueillir le nombre maximal de clients dès novembre. La Presse est allée recueillir les réactions de clients et de propriétaires en soirée. Et l’humeur était à la fête.

Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

Au bar à vin le Verdun Beach de la rue Wellington, le propriétaire, Charles Garant, était impatient de pouvoir faire le plein de clients. « Ça fait tellement longtemps, c’est le temps que ça se passe », souligne-t-il. Les bars, qui accueillent deux fois moins de clients qu’à l’accoutumée, pourront fonctionner à plein régime dès novembre. La distance entre les tables dépourvues de cloisons sera réduite à un mètre plutôt que deux.

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Charles Garant, propriétaire du bar à vin Verdun Beach

Les bars devaient fermer à 2 h et cesser de vendre de l’alcool dès 1 h. Ils pourront bientôt retrouver leurs heures d’ouverture normales, jusqu’à 3 h du matin. « Je pense que [le temps est venu de] fermer à l’heure qu’on peut », ajoute M. Garant.

Le port du masque et le passeport vaccinal demeureront en vigueur et les clients devront rester assis durant la soirée. Au plus 10 personnes – ou les occupants de trois foyers – pourront se retrouver à une même table au restaurant.

L’annonce de jeudi est « une bouffée d’air frais », se réjouit Martin Vézina, directeur des Affaires publiques et gouvernementales à l’Association Restauration Québec. Une plus grande capacité d’accueil équivaut à plus de ventes, fait-il valoir. « Ça fait plusieurs mois que les exploitants appliquent avec rigueur les règles, ils avaient hâte que ce soit leur tour. »

« J’étais habitué à faire lever la soirée »

Toujours rue Wellington, le DJ du bar Palco, Antoine-Samuel Mauffette Alavo, a hâte de pouvoir faire danser les clients. « J’étais habitué à faire lever la soirée », souligne-t-il. Selon Timothée Laperrière-Doré, assistant du gérant du même établissement, l’annonce de Québec est « un pas dans la bonne direction », surtout avec l’arrivée prochaine du temps froid et la fermeture imminente de la terrasse.

Mais des ajustements seront nécessaires. « On s’est habitués à un train de vie un peu plus tôt, autant nous que la clientèle, précise-t-il. Mais on le voit d’un bon œil, surtout qu’on a toujours bien roulé à ces heures-là. »

  • Antoine-Samuel Mauffette Alavo, DJ du bar Palco, a hâte de recommencer à faire danser les clients.

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    Antoine-Samuel Mauffette Alavo, DJ du bar Palco, a hâte de recommencer à faire danser les clients.

  • Timothée Laperrière-Doré, assistant-gérant du bar Palco, salue l'annonce de Québec, surtout à l'approche de la fermeture des terrasses.

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    Timothée Laperrière-Doré, assistant-gérant du bar Palco, salue l'annonce de Québec, surtout à l'approche de la fermeture des terrasses.

  • Kamar Boudemlij, directrice du Benelux de la rue Wellington, espère attirer les amateurs de sports en diffusant les matchs du Canadien.

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    Kamar Boudemlij, directrice du Benelux de la rue Wellington, espère attirer les amateurs de sports en diffusant les matchs du Canadien.

  • Patrick Gohier, rencontré au Benelux, croit que le port du masque et le passeport vaccinal demeurent nécessaires.

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    Patrick Gohier, rencontré au Benelux, croit que le port du masque et le passeport vaccinal demeurent nécessaires.

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En face, Kamar Boudemlij, directrice générale de la brasserie Benelux, dit espérer attirer des clients en diffusant les matchs de hockey. Bière à la main, Patrick Gohier se dit d’accord avec les assouplissements, pourvu que le port du masque et le passeport vaccinal continuent d’être exigés. « Tant qu’on n’est pas cordés comme des poulets, je suis d’accord avec ça », précise-t-il.

Sur la terrasse, Marine Pochat et Antoine Jaouen disent s’ennuyer de pouvoir socialiser avec les autres clients. « Il y a moins de spontanéité, chacun est à sa table et on ne parle pas aux voisins », lance M. Jaouen.

Plus tard en soirée, la musique résonne dans la taverne irlandaise Le Trèfle. Le gérant, William Maltais, estime que l’annonce de jeudi va permettre aux restaurateurs de « respirer ». « Les moments ont été assez éprouvants durant la dernière année et demie », raconte-t-il. Est-il toujours aussi ardu de recruter des employés ? « C’est vraiment moins difficile qu’avant. On dirait que la pénurie de main-d’œuvre a débloqué », dit-il.

Il est risqué d’ouvrir les bars au maximum de la capacité, alors qu’il y a encore plus de 600 cas et que la protection vaccinale diminue, estime André Veillette, professeur de médecine et directeur de l’Unité de recherche en oncologie moléculaire à l’Institut de recherches cliniques de Montréal. « Je pense [que les autorités] jouent avec le feu », prévient-il.

Légère tendance à la hausse

Le nombre de cas de COVID-19 continue à augmenter légèrement au Québec, tandis que celui des décès et des hospitalisations demeure stable. La province a rapporté jeudi 644 nouveaux cas, portant à 557 la moyenne quotidienne. La tendance est ainsi en hausse de 4 % sur une semaine, et celle-ci se fait principalement sentir chez les 1,9 million de Québécois non vaccinés. Deux décès se sont ajoutés au bilan, portant à quatre la moyenne quotidienne, ce qui est légèrement inférieur à la moyenne de la semaine dernière. Avec 298 patients, le nombre des hospitalisations demeure stable. De ce nombre, 76 se trouvent aux soins intensifs. À ce jour, 78,8 % des Québécois de tous âges ont reçu au moins une dose de vaccin, et 76 % sont pleinement vaccinés. Le Québec fait partie des 10 États les plus vaccinés au monde.

Avec Pierre-André Normandin et Tommy Chouinard, La Presse