C’est officiel : les travailleurs de la santé et des services sociaux devront être adéquatement vaccinés à partir du 15 octobre pour exercer leurs fonctions, sans quoi ils seront suspendus sans solde, a confirmé vendredi par décret le gouvernement du Québec.

Coralie Laplante
Coralie Laplante La Presse

Les personnes du public de 13 ans et plus qui veulent accéder à un établissement de santé où se trouvent des personnes vulnérables devront aussi y présenter leur passeport vaccinal, à quelques exceptions.

Les intervenants du domaine de la santé à qui s’applique la vaccination obligatoire sont les personnes « qui ont des contacts directs avec les usagers, qu’ils soient rémunérés ou non, ainsi que les personnes qui ont des contacts avec ces intervenants », a précisé le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), par voie de communiqué.

Si un travailleur de la santé n’est pas adéquatement vacciné à partir du 15 octobre, il sera réaffecté à d’autres tâches si la situation le permet, ou suspendu sans salaire.

Les personnes œuvrant dans des hôpitaux, des CLSC, des CHSLD et des résidences privées pour aînés font partie de celles qui devront s’astreindre à cette règlementation.

Les infirmières, les inhalothérapeutes, les sages-femmes, les pharmaciens et les médecins travaillant dans des cabinets privés devront aussi être adéquatement vaccinés.

Au moins 20 000 employés du réseau de santé public ne seront pas adéquatement vaccinés le 15 octobre, avait déclaré jeudi le ministre de la Santé, Chritian Dubé. De ce nombre, environ 7700 sont en contact étroit avec des patients, avait ajouté M. Dubé.

Une personne est considérée comme adéquatement protégée contre la COVID-19 lorsqu’elle a reçu deux doses de vaccin, « avec un intervalle minimal de 21 jours entre les doses et dont la dernière dose a été reçue depuis sept jours ou plus », précise le décret de Québec.

Ou bien, la personne doit avoir été atteinte du virus, et avoir reçu une dose de vaccin depuis sept jours ou plus, en date du 15 octobre.

Des exceptions

Certaines exceptions s’appliquent aux personnes du public qui souhaitent accéder à un établissement de santé, public ou privé. Un visiteur qui va voir un proche en fin de vie, ou qui va donner un service qui n’est pas offert par le milieu, n’est pas tenu de posséder un passeport vaccinal.

Il en va de même pour une personne qui accompagne un enfant de moins de 14 ans, une personne qui accouche, ou une personne qui ne peut consentir à des soins de santé. Les patients qui se présentent dans un établissement de santé pour y recevoir des soins ne sont pas tenues d’être adéquatement vaccinés.

En ce qui concerne les intervenants du milieu de la santé et des services sociaux, « l’exploitant d’une ressource intermédiaire ou d’une ressource de type familial dont le lieu principal de résidence est situé dans une telle ressource, de même que les membres de sa famille qui y résident », n’est pas visé par la vaccination obligatoire.

Une commission parlementaire concernant la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé s’est déroulée les 26 et 27 août dernier. Quelques jours plus tard, le 7 septembre, Québec a annoncé son intention d’aller de l’avant avec cette mesure.