(Québec) L’enseignante de l’école Saint-Émile à Montréal, qui n’aurait pas respecté les consignes sanitaires en classes, s’expose à « des conséquences », a prévenu le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. En raison d’une éclosion, l’école primaire doit fermer ses portes jusqu’au 27 septembre.

Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Plusieurs enfants ont rapporté mercredi qu’une enseignante de l’école Saint-Émile n’aurait pas respecté les consignes sanitaires en classes. Selon des témoignages rapportés par TVA Nouvelles, l’enseignante aurait retiré son masque alors qu’elle se trouvait à moins de deux mètres des élèves. Elle se serait par ailleurs déplacée d’un pupitre à l’autre sans porter le masque.

Des parents auraient aussi rapporté que l’enseignante était contre la vaccination.

« Ce que j’ai entendu à l’effet que ce serait une enseignante qui aurait posé des gestes dangereux, je trouve ça très inquiétant », a réagi jeudi le ministre Roberge. Il a confirmé avoir communiqué directement avec le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) pour « pour s’assurer que cette enseignante-là soit rencontrée » par l’employeur. « On nous a garanti que cette enseignante serait rencontrée et si ça s’avère, il y aura des conséquences », a-t-il ajouté sans vouloir les préciser.

« Je vais laisser à l’employeur déterminer les conséquences, c’est eux qui doivent gérer leurs ressources humaines et s’assurer que les consignes de la Santé publique soient suivies. Ce n’est pas optionnel de suivre les consignes sanitaires », a expliqué le ministre de l’Éducation.

L’affaire a rebondi au Salon bleu alors que la députée libérale Marwah Rizqy a relaté les « graves allégations » rapportées par des enfants et des parents.

« Une enseignante qui refuserait de se faire vacciner aurait volontairement enlevé son masque, aurait incité aussi les élèves à enlever leur masque, aurait même pratiqué des exercices de méditation, de grands respires, alors qu’on sait très bien que la COVID-19 se transmet par aérosol. Des enfants de la maternelle ont été infectés. […] Il me semble qu’on devait faire une chose : protéger nos petits », a-t-elle déploré.

Elle a demandé au ministre de l’Éducation si une enquête avait été déclenchée et si l’enseignante en question avait été suspendue avec ou sans solde. « C’est une situation qui m’a choqué, c’est inacceptable », a réaffirmé M. Roberge, assurant que des vérifications sont en cours.

La source de l’éclosion n’est pas encore connue. Dans une lettre transmise aux parents mercredi, la Direction régionale de santé publique de Montréal a évoqué « l’augmentation rapide du nombre de cas positifs déclarés dans le milieu scolaire » qui mène au passage à l’enseignement à distance pour cette école.

Avant le retour en classe prévu le 28 septembre, le dépistage préventif de tous les élèves et du personnel de l’école est recommandé. Dans une autre lettre, le directeur de l’école, Alexandre Lavoie, a indiqué être prêt « à agir rapidement » si la Direction régionale de santé publique recommande de mettre en place de nouvelles mesures préventives contre la COVID-19.