(Ottawa) Des préposés au scrutin estiment qu’Élections Canada les a exposés à un risque de contracter la COVID-19.

Maan Alhmidi La Presse Canadienne

Lundi, une agente de bureau de vote avait peur de contracter la COVID-19 parce qu’Élections Canada n’exigeait pas que les travailleurs soient complètement vaccinés ni ne permettait d’exiger une preuve d’exemption médicale aux électeurs sans masque.

Mary Rose Amaral a déclaré qu’elle voulait participer au processus démocratique en travaillant dans un bureau de vote de Toronto, malgré le fait qu’elle soit immunodéprimée et souffre d’asthme.

L’étudiante universitaire de 20 ans, qui a travaillé pendant 15 heures le jour du scrutin en contact étroit avec des centaines d’électeurs, a dit qu’elle s’attendait à ce qu’Élections Canada prenne davantage de précautions pour protéger ses employés.

« J’ai eu l’impression que cela mettait les travailleurs dans une situation dangereuse, et en plus de cela, ils n’exigeaient pas la vaccination des employés », a-t-elle ajouté.

« Je pensais en quelque sorte que cela aurait pu être fait un peu mieux. »

Mme Amaral ajoute que certains électeurs ne portaient pas de masque et soutenaient avoir une exemption médicale. Or, les employés d’Élections Canada n’étaient pas autorisés à demander une preuve pour confirmer leurs dires.

« En fait, nous ne pouvions pas dire aux gens de porter des masques parce que nous n’étions évidemment pas autorisés à les forcer. Nous devions les laisser entrer et leur permettre de voter même s’ils n’en portaient pas », a-t-elle ajouté.

Arjang Fakhraie a déclaré qu’il a travaillé de 8 h 30 à minuit dans un bureau de vote de la région du Grand Toronto où il a examiné les électeurs pour détecter les symptômes de la COVID-19 et a aidé à organiser les longues files d’attente à l’extérieur du bureau de vote.

Il souligne que la règle de distanciation de deux mètres avait effectivement été oubliée, les électeurs et les travailleurs électoraux ayant été beaucoup plus proches les uns des autres.

« Au cours des deux dernières années de la pandémie de la COVID-19, si je devais contracter le virus, ce qui n’est pas encore arrivé, ce sera à cause d’hier », a-t-il souligné mardi.

« Je vais toujours bien, donc je ne l’ai pas encore contracté… Je pense que c’était un évènement plutôt sûr, mais il y a définitivement certaines des mesures de sécurité qui ont été ignorées. »

M. Fakhraie, 28 ans, a dit que tous les électeurs sélectionnés ont déclaré qu’ils n’avaient pas eu de contact avec une personne atteinte de la COVID-19 et n’avaient pas voyagé à l’extérieur du Canada dans les jours et semaines précédentes. D’ailleurs, comment pouvaient-ils le prouver ?

« Je leur ai posé des questions simples : avez-vous été en contact avec quelqu’un ayant contracté la COVID-19 ? Avez-vous reçu un diagnostic positif de la COVID-19 récemment ? Avez-vous voyagé à l’extérieur du Canada ? … 100 % du temps, les gens hochaient simplement la tête », a ajouté M. Fakhraie.

« Personne n’a dit avoir été en contact avec qui que ce soit ou avoir voyagé à l’extérieur du Canada. »

Matthew McKenna, porte-parole d’Élections Canada, a souligné que l’agence encourageait les électeurs à porter un masque, et l’obligeait là où cela était exigé dans certaines provinces, territoires, régions ou alors par le propriétaire du lieu où ont été installés les bureaux de vote.

M. McKenna a déclaré que les électeurs qui ne peuvent pas porter de masque pour des raisons médicales n’étaient pas dans l’obligation d’en porter un et n’ont pas été invités à fournir une preuve confirmant leurs dires. L’exception concernait les bureaux de vote des écoles de l’Alberta, où une preuve d’exemption est requise par les conseils scolaires.

« Des mesures sanitaires élaborées sur les conseils des autorités de santé publique étaient en place lors du vote aux urnes », a-t-il rappelé.

« Ces mesures atteignent ou dépassent celles que les Canadiens rencontrent quotidiennement dans les supermarchés, les pharmacies et autres endroits de leur communauté. »

M. McKenna a déclaré qu’exiger que tous les travailleurs électoraux soient vaccinés aurait diminué le nombre de personnes qui postulent à ces emplois auprès de l’agence et cela aurait compromis le fonctionnement de l’élection.

« Nos consultations avec les autorités de santé publique ont confirmé que nous pouvions organiser des élections en toute sécurité, sans exiger que les travailleurs électoraux soient vaccinés », a-t-il ajouté.

M. McKenna a souligné qu’Élections Canada voulait recruter 215 000 travailleurs le jour du scrutin et que 93 % de cet objectif a été atteint.

Il rappelle qu’au total, 14 440 bureaux de vote étaient ouverts à travers le Canada lundi, comparativement à 15 484 bureaux de vote lors des élections de 2019.

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses de Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.