Sept mois après avoir décidé de retarder la deuxième dose pour offrir rapidement une première dose à un plus grand nombre de personnes, peut-on conclure que la stratégie du gouvernement provincial s’est avérée efficace ? Oui, selon une nouvelle étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Cette mesure aurait permis de réduire la morbidité et la mortalité liées à la COVID-19.

Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

Une seule dose de vaccin contre la COVID-19 était associée à une réduction de 70 % des infections à la COVID-19 et de 80 % des hospitalisations et des décès chez les personnes de 60 ans et plus, selon un nouveau rapport de l’INSPQ rendu public lundi.

L’efficacité vaccinale d’une seule dose diminuait toutefois avec l’âge, particulièrement en ce qui a trait aux infections. En effet, 81 % des personnes de 60 à 69 ans étaient protégées contre les infections. Cette proportion diminuait à 63 % chez les 70 à 79 ans, pour finir à 48 % chez les 80 ans et plus.

Cette diminution était moins marquée pour les hospitalisations ou les décès, alors que les vaccins conservaient une efficacité d’environ 70 % même chez les personnes de 80 ans et plus.

Moderna en tête

L’efficacité vaccinale d’une seule dose de vaccin contre la COVID-19 pour les infections symptomatiques était plus élevée pour le vaccin de Moderna que pour ceux de Pfizer et d’AstraZeneca.

Les données démontrent que 66 % des participants étaient protégés contre les infections avec une dose de vaccin Pfizer ou AstraZeneca, mais cette proportion augmentait à 80 % avec Moderna.

« Il y avait peu de différences entre l’efficacité des trois vaccins contre les hospitalisations et les décès », précise toutefois l’INSPQ dans son rapport.

Une stratégie efficace

La stratégie de vaccination du Québec visait d’abord à protéger avec une première dose les personnes présentant le risque le plus élevé de maladie grave et de décès ainsi que les travailleurs de la santé en contact avec des patients vulnérables.

« Cette protection élevée suggère que la stratégie de retarder la deuxième dose pour offrir rapidement une première dose à un plus grand nombre de personnes âgées a permis de réduire la morbidité et la mortalité liées à la COVID-19 », a conclu l’INSPQ.

Tous les cas déclarés entre le 14 mars et le 15 mai 2021 ont été inclus dans l’étude. Rappelons que pendant cette période, le variant Alpha constituait la grande majorité des cas et le variant Delta n’était pas encore présent.