La hausse rapide des hospitalisations chez les non-vaccinés accentue la pression sur les hôpitaux du Québec. Chaque jour, plus de 18 personnes n’ayant pas reçu de vaccin doivent être hospitalisées après avoir contracté la COVID-19, contre moins de 5 chez les pleinement vaccinés.

Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse
Émilie Bilodeau
Émilie Bilodeau La Presse

Le nombre de non-vaccinés devant être admis à l’hôpital a augmenté de 45 % depuis une semaine. Ce flot a ainsi contribué à augmenter le nombre total de personnes hospitalisées. Elles sont désormais 207, dont 72 aux soins intensifs.

« Ces données nous indiquent que la vague qu’on est en train de vivre actuellement en termes d’hospitalisations, c’est une vague de non-vaccinés. On espère ne pas se rendre à des décès », souligne Nathalie Grandvaux, professeure à l’Université de Montréal et directrice adjointe du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

« Ça montre que les vaccins fonctionnent », poursuit-elle.

Si le nombre d’hospitalisations est en hausse, les cas le sont eux aussi. Les plus récentes données dévoilées font état de 879 nouveaux cas de COVID-19 en 24 heures dans la province. Ce nombre porte la moyenne quotidienne calculée sur sept jours à 667. La tendance est en hausse de 13 % sur une semaine. Il faut remonter au début du mois de mai pour trouver un bilan avec autant de cas.

De plus, 4 décès se sont également ajoutés à ce bilan, portant le total à 11 301 personnes mortes en raison du virus.

Alain Lamarre, expert en immunologie et en virologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), affirme qu’il faut garder la tête froide en regardant le nombre de cas qui frôle les 900.

« C’est sûr que ce sont des chiffres assez importants. Mais c’est en observant le taux d’hospitalisation que l’on peut constater l’efficacité du vaccin. […] Le but du vaccin, c’est de sauver le système de santé, c’est d’éviter qu’il y ait trop de cas à l’hôpital. »

En 2020, quand le bilan atteignait 1000 cas, le système de santé était mis à rude épreuve, se remémore Mme Grandvaux. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

« Par contre, même avec les taux de vaccination exceptionnels qu’on a atteints au Québec, on ne réussit pas à arrêter la transmission du virus. Cela fait en sorte que des personnes non vaccinées vont finir par être atteintes, ainsi que des personnes qui restent vulnérables malgré la vaccination », explique-t-elle.

Vendredi, le Comité consultatif national de l’immunisation du Canada a d’ailleurs recommandé une troisième dose pour certaines personnes immunodéprimées. Le Québec avait déjà pris cette décision, il y a plus de 10 jours, à la suite de recommandations formulées par le Comité sur l’immunisation du Québec.

Les 12 à 17 ans dépassent leurs parents

À ce jour, 6,6 millions de Québécois ont reçu au moins une dose de vaccin, soit 76,6 % de la population. Du nombre, 6,1 millions ont obtenu leurs deux doses, soit 70,9 % de tous les Québécois.

Et la couverture vaccinale continue d’augmenter de jour en jour. Un peu plus de 6500 Québécois retroussent leur manche en moyenne quotidiennement pour recevoir une première dose, principalement chez les jeunes.

D’ailleurs, les 12 à 17 ans continuent à étendre leur couverture vaccinale. Pas moins de 89,5 % d’entre eux ont reçu au moins une dose (76 % ont leurs deux doses). Ils surpassent désormais la couverture de tous les groupes de 18 à 55 ans.

La professeure Nathalie Grandvaux se demande si l’obligation du passeport vaccinal pour la pratique d’activités parascolaires a pu inciter certains élèves à recevoir leur deuxième dose.

« Les activités parascolaires sont très importantes dans la vie de plusieurs jeunes. Est-ce que ç’a été un facteur déterminant pour eux pour l’obtention de leur deuxième dose ? Les études vont nous le dire, mais je pense que c’est un groupe qui a entendu le message que le vaccin sera nécessaire pour un retour à la normale. »

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