Laval est la région où le virus se répand le plus au Québec en ce moment. Une situation qui s’explique en grande partie par le taux de vaccination moindre dans le secteur Chomedey, signale le directeur de santé publique du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la région, le DJean-Pierre Trépanier.

Ariane Krol
Ariane Krol La Presse
Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse

« Malheureusement, la palme va nous revenir encore, j’ai bien l’impression », a reconnu le DTrépanier en entrevue avec La Presse mardi.

Avec 14,1 nouveaux cas par 100 000 habitants, Laval est la région qui affiche actuellement le plus fort taux de propagation au Québec. Elle a ainsi dépassé le seuil statistique de la zone rouge (10 nouveaux cas quotidiens par 100 000 habitants). Laval n’a d’ailleurs pas réussi à redescendre en zone verte cet été (de 0 à 2 nouveaux cas quotidiens par 100 000 habitants), se cantonnant dans le jaune (de 2 à 6 nouveaux cas quotidiens par 100 000 habitants).

On a vu une transmission du virus très marquée à Laval depuis le début de la pandémie, alors ce n’est pas uniquement cet été. Donc ça ne prend pas grand-chose pour que le feu reprenne et que la transmission se remette à augmenter.

Le DJean-Pierre Trépanier, directeur de santé publique du Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval

Des Lavallois qui « tenaient à aller voir leur famille dans différents pays et [qui] malheureusement sont revenus avec le virus » de même que le retour des vacances de la construction ont contribué à alimenter ce feu. Et celui-ci est particulièrement visible dans le secteur Chomedey, que le directeur de santé publique compare à certains quartiers de Montréal. « C’est le secteur le plus multiculturel de Laval, où on voit, depuis le début, le plus de cas et où, actuellement, il y a de moins bonnes couvertures vaccinales. »

Le secteur Chomedey sous la loupe

Le secteur socio-sanitaire de Chomedey, qui occupe un quadrilatère délimité par les autoroutes 13, 15, 440 et la rivière des Prairies, compte environ 90 000 personnes.

Les taux de vaccination y sont plus faibles que la moyenne régionale. À ce jour, 86,1 % de la population de Laval a reçu au moins une première dose, contre seulement 81,6 % dans le secteur Chomedey. L’écart est même plus élevé pour la couverture complète (deux doses ou l’équivalent), soit 73,9 % dans Chomedey contre 81,8 % en moyenne à Laval.

Et c’est encore plus marqué chez les jeunes de 12 à 29 ans, note le DTrépanier. La Santé publique n’a pas ménagé ses efforts pour les rejoindre. Quelque 7600 appels ont été faits aux parents d’enfants qui n’avaient pas été vaccinés à l’école en juin. Et les cliniques mobiles sont très présentes sur le territoire, administrant désormais environ la moitié des premières doses.

« On a une augmentation d’à peu près un point de pourcentage de façon régulière, chaque semaine, pour des premières doses. Donc les gens continuent à se présenter », souligne le DTrépanier.

L’entrée en vigueur du passeport vaccinal ce mercredi donnera un élan supplémentaire, croit-il. « Je pense qu’on est capables d’atteindre pas loin de 90 %. Au rythme où l’on va, on pourrait l’atteindre d’ici la fin du mois de septembre. »

En attendant, la Santé publique constate de plus en plus de réticences à répondre à ses appels et à ses questions dans le cadre de ses enquêtes épidémiologiques visant à contrôler les éclosions. « Il y a forcément plus de cas chez les non-vaccinés et peut-être que ces gens-là ne sont pas à l’aise de communiquer avec les autorités de santé publique », avance le DTrépanier.