Le comité d’immunisation du Québec (CIQ) recommande une troisième dose de vaccin pour les personnes immunosupprimées, mais pas pour les résidants en CHSLD.

Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

Les personnes atteintes de certaines maladies chroniques et de cancers et celles qui prennent des traitements immunodépresseurs ont un risque accru de complications s’ils contractent le virus et une moins bonne réponse aux vaccins contre la COVID-19, soutiennent plusieurs études.

« Une dose additionnelle de vaccin chez les personnes immunodéprimées est donc pertinente, notamment dans un contexte de survenue d’une nouvelle vague de COVID-19 causée par le variant delta, plus transmissible, plus virulent et moins sensible à la protection conférée par les vaccins », a indiqué le comité d’immunisation du Québec (CIQ) dans leur plus récent rapport.

Les personnes touchées sont celles atteintes d’une déficience immunitaire congénitale ou acquise, telles que le VIH et les personnes atteintes d’un cancer, de la leucémie, d’un lymphome ou de myélome multiple. Celles qui suivent des traitements immunodépresseurs comme la chimiothérapie et la radiothérapie en font également partie.

Les personnes immunosupprimées qui ont déjà contracté la COVID-19 devraient également recevoir une troisième dose de vaccin, soutient le comité.

Un intervalle minimal de 4 semaines ou plus entre la deuxième et la troisième dose est suggéré.

Le CIQ rappelle que la protection avec une 3e dose pourrait rester inférieure à celle observée chez le reste de la population après deux doses.

L’administration d’une troisième dose chez les personnes immunosupprimées est déjà appliquée en France et aux États-Unis.

Pas pour les CHSLD

L’Institut national de santé publique du Québec ne recommande toutefois pas une troisième dose de vaccin pour les résidants en CHSLD.

Cette décision s’explique par le court délai écoulé depuis la 2dose chez les résidants de CHSLD, le nombre de cas assez faible chez les résidants et l’absence de données sur l’efficacité d’une 3dose administrée à cette population, a indiqué l’INSPQ.

En effet, le comité d’immunisation note une faible incidence de la COVID-19 chez les résidants de CHSLD malgré une recrudescence de la maladie chez les populations plus jeunes et moins bien vaccinées.

« Cette faible incidence pourrait être due en partie à l’intervalle allongé entre les deux doses utilisées au Québec, à la couverture vaccinale élevée chez les résidents et aux mesures de prévention des infections en vigueur », peut-on y lire dans le rapport.

S’ajoute également l’absence de donnée disponible sur l’efficacité d’une 3dose aux résidants de CHSLD ou aux aînés. Les études disponibles ont prévu un intervalle de 6 à 8 mois entre la 2e dose et la 3e dose, alors que cette 2e dose a été offerte aux résidents de CHSLD du Québec il y a seulement 3 à 4 mois, indique le rapport.

Selon le comité d’immunisation du Québec (CIQ), la couverture vaccinale de 80 % chez les travailleurs en CHSLD demeure aussi sous-optimale. Le comité rappelle l’importance cruciale d’améliorer les couvertures vaccinales des travailleurs en CHSLD, des proches aidants et des visiteurs.