Estimant que le passeport sanitaire « mérite clairement un débat parlementaire », le Parti québécois (PQ) a réclamé jeudi que les élus de l’Assemblée nationale se prononcent en chambre sur l’adoption et l’application de la mesure, qui sera effective à partir du 1er septembre.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Oui, le passeport sanitaire est appuyé par la majorité et oui, a priori, il présente des avantages pour que les Québécois puissent reprendre une vie plus ou moins normale. Toutefois, nous ne savons pas combien de temps cette mesure devra rester en place, ni ne connaissons les détails de son application », a expliqué le critique péquiste en matière de santé, Joël Arseneau, dans une déclaration.

Parlant d’une « mesure exceptionnelle qui doit faire l’objet de consultations approfondies », l’élu affirme que le gouvernement « doit inclure les oppositions et les experts pour éviter les essais et erreurs ».

« Comme il l’a encore prouvé mercredi matin en fermant la porte à toute consultation sur le passeport sanitaire et son application, l’importance des échanges et des points de vue semble être secondaire pour le premier ministre. Malgré les risques, son gouvernement continue de prendre ses décisions sans partage et sans consultation aucune », persiste M. Arseneau.

Il fait ainsi référence à la position de François Legault sur le sujet, qui a déclaré mercredi que son gouvernement avait toute la légitimité requise pour aller de l’avant avec le passeport sanitaire, s’appuyant sur l’adhésion de la population à la vaccination.

Le premier ministre juge notamment qu’il ne faudrait pas « faire exprès pour donner à des opposants des tribunes qui pourraient influencer la population en utilisant des arguments non fondés ». « Pour l’instant, on se sent légitimes de mettre en place le passeport vaccinal et on sent qu’on a l’appui de la population », a-t-il dit en point de presse à Québec.

Mais pour le Parti québécois, le passeport sanitaire « va avoir de grands impacts dans la vie des Québécois », d’où la nécessité « de fixer des balises à son application ». « Si on veut faire de cette opération un succès, on a besoin de l’avis des experts et du jugement des parlementaires », insiste-t-il.

Ultimement, la formation politique propose une loi-cadre votée par les parlementaires afin de « revenir à une certaine normalité démocratique ».

Rappelons que le gouvernement du Québec prévoit que dès le 1er septembre prochain, seules les personnes prouvant qu’elles ont été doublement vaccinées contre la COVID-19 auront accès à certains lieux publics jugés non essentiels, comme les bars, restaurants et salles d’entraînement.

Les autorités mènent depuis mercredi des tests d’application du code QR. Un premier projet pilote sera mené jusqu’à jeudi, à Québec, au restaurant La Cage-Brasserie sportive du Centre Lebourgneuf. La semaine suivante, l’exercice sera répété au gym Éconofitness Vimont à Laval. Le Midway, taverne au centre-ville de Montréal, se prêtera aussi à l’exercice. Le but sera de bien évaluer la performance de l’application gratuite, qui sera lancée pour encadrer le passeport dès la semaine du 23 août prochain.

Avec La Presse Canadienne