(Ottawa et Montréal) Dès le 5 juillet, à 23 h 59, les voyageurs aériens et terrestres qui ont le droit d’entrer au Canada et qui sont adéquatement vaccinés seront dispensés de quarantaine, à l’hôtel comme à la maison.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse
Lila Dussault
Lila Dussault La Presse

L’obligation de se placer en quarantaine sera levée pour les voyageurs qui ont été vaccinés avec l’un des produits approuvés par Santé Canada (Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Janssen) au moins 14 jours avant d’arriver au pays.

Ce qui ne change pas, c’est que les voyageurs doivent toujours subir un test dans les 72 heures précédant un vol, puis un autre à leur arrivée. Mais il ne sera plus requis d’attendre le résultat de ce test avant de rentrer à la maison ou de poursuivre sa route, et l’isolement prendra fin dès lors qu’un résultat négatif sera obtenu.

Le test de dépistage qui devait être passé au huitième jour du retour de voyage est aussi abandonné.

Les voyageurs demeurent tenus de présenter un plan de quarantaine et être prêts à se placer en quarantaine au cas où il serait déterminé qu’ils ne répondent pas aux exigences, ou encore s’ils présentent des symptômes de la maladie – les agents frontaliers conservent un pouvoir discrétionnaire en cette matière.

Les enfants de moins de 12 ans non vaccinés – ils n’y sont pas admissibles – ainsi que les adolescents qui ne le sont pas complètement devront s’isoler pendant 14 jours. « Ils peuvent éviter l’hôtel, et leurs parents aussi. Ils peuvent faire la quarantaine à la maison », a indiqué la ministre de la Santé du Canada, Patty Hajdu.

Une personne qui a contracté la COVID-19 et qui a reçu une dose du vaccin par la suite n’est pas admissible aux assouplissements annoncés lundi par le gouvernement fédéral – et ce, même si le Québec considère que pour les personnes qui ont été infectées, une seule dose de vaccin est nécessaire.

La ministre Hajdu a néanmoins affirmé que cela pourrait changer. « C’est quelque chose qui reste incertain aux yeux de plusieurs chercheurs […] et nous allons avoir des réponses pour ces voyageurs très bientôt », a-t-elle offert en conférence de presse.

Du côté de Montréal, où il a reçu sa deuxième dose de vaccin, le premier ministre François Legault a argué que « les spécialistes nous disent que si on a contracté la COVID-19, c’est comme si on avait eu une dose ». Il n’est cependant pas clair que les États-Unis ou l’Europe verront les choses du même œil, a-t-il ajouté.

Selon les données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), en date du 21 juin, 170 000 Québécois se retrouvent dans cette situation, puisqu’ils ont reçu une dose de vaccin et contracté la COVID-19.

Et qu’en est-il des personnes qui ont reçu une injection à l’étranger de vaccins qui ne sont pas approuvés par Santé Canada ?

Là aussi, il n’est pas impossible que la situation évolue.

« Nous tentons de voir comment on pourrait allonger la liste, y compris en utilisant la liste de l’Organisation mondiale de la santé, mais pour le moment, on commence avec les vaccins qui ont été approuvés ici », a indiqué la ministre fédérale de la Santé en conférence de presse.

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE

La ministre de la Santé du Canada, Patty Hajdu, en conférence de presse virtuelle, lundi

Les personnes admissibles à ces assouplissements sont les citoyens et résidents permanents du Canada, ainsi que les ressortissants étrangers qui étaient déjà autorisés à entrer au Canada en vertu des restrictions de voyage en vigueur.

Les frontières canadiennes, incluant celle avec les États-Unis, demeurent fermées aux déplacements non essentiels au moins jusqu’au 21 juillet prochain.

Et la suite ?

L’opposition officielle à Ottawa, le secteur aérien et l’industrie touristique ont vite fait de critiquer l’annonce. De manière générale, on reproche au gouvernement Trudeau de ne pas offrir davantage de prévisibilité pour ce qui est des prochaines étapes.

La ministre Hajdu a avancé qu’il faudrait atteindre le seuil de 75 % de Canadiens pleinement vaccinés avant de faire un pas de plus vers une plus grande réouverture. À l’heure actuelle, ce taux est d’environ 20 % à l’échelle nationale.

« Ce que nous annonçons est un premier pas. C’est une première étape », a insisté son collègue aux Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, assurant être conscient du désir de l’industrie touristique, des provinces, de certains secteurs de l’économie « de voir d’autres allègements en termes d’obligations ».

Le premier ministre Legault, qui avait exercé l’hiver dernier d’intenses pressions sur le gouvernement fédéral pour un resserrement des mesures à la frontière, est de ceux qui sont prêts à accueillir des touristes sur le sol québécois, à certaines conditions.

« La position du Québec, c’est qu’on est d’accord pour ouvrir les frontières, à commencer par les États-Unis, à condition qu’on exige que les personnes aient reçu les deux doses. […] On pense que quand une personne a reçu deux doses [de vaccin], c’est un risque acceptable [d’ouvrir les frontières] », a-t-il déclaré.

Le portrait épidémiologique est positif dans la province, en tout cas. Car pour la première fois depuis août dernier, le Québec a rapporté lundi moins de 100 nouveaux cas de COVID-19. On ne déplore aucun décès supplémentaire.

Le bilan de lundi fait état de 90 nouveaux cas. Il faut remonter au 28 août dernier pour trouver un autre bilan sous la barre des 100. La moyenne quotidienne des nouveaux cas calculée sur sept jours est désormais de 128, en baisse de 22 % sur une semaine.

La vaste majorité des régions affichent désormais un taux de propagation inférieur au seuil de zone verte, soit 2 nouveaux cas par 100 000 habitants. Seules trois sont au-dessus et se trouvent ainsi statistiquement en zone jaune, mais elles s’en approchent. Montréal frôle désormais la zone verte.

Avec Pierre-André Normandin, La Presse