Une erreur de conservation du vaccin d’AstraZeneca dans la clinique de vaccination de la ville de Sorel-Tracy oblige 1172 personnes à tendre le bras pour une troisième fois. Cette situation serait toutefois sans danger pour la santé des patients concernés.

Coralie Laplante
Coralie Laplante La Presse

Le produit qui a été administré aux personnes vaccinées entre le 31 mai et le 8 juin à la clinique de Sorel-Tracy a été congelé, plutôt que réfrigéré. Les patients devront donc attendre 28 jours avant de recevoir une troisième injection.

« Ce sont 1270 doses qui ont été mises par inadvertance au congélateur plutôt qu’au réfrigérateur, réduisant ainsi l’efficacité du vaccin », a affirmé la porte-parole du CISSS de la Montérégie-Est, Catherine Domingue.

Les personnes dans cette situation ont reçu jeudi un appel du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est, ou vont en recevoir un dans les prochains jours. Des lettres leur seront également envoyées, les invitant à prendre un troisième rendez-vous.

Le CISSS de la Montérégie-Est a précisé que des analyses sont en cours afin de déterminer comment cette bévue s’est produite malgré les mesures de sécurité en place. L’erreur humaine a été constatée mercredi.

« Selon la Direction de la santé publique de la Montérégie, le vaccin administré ne représente aucun danger pour la santé des personnes l’ayant reçu », a indiqué Catherine Domingue.

Il n’y a pas lieu de s’inquiéter quant à des effets néfastes possibles engendrés par le vaccin reçu, selon André Veillette, professeur en médecine et directeur de l’Unité de recherche en oncologie moléculaire à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).

Il est fort possible que le vaccin soit encore bon, mais étant donné que ça diverge de ce que la compagnie pharmaceutique dicte, je pense qu’ils suggèrent d’avoir une troisième dose.

André Veillette, professeur en médecine et directeur de l’Unité de recherche en oncologie moléculaire à l'IRCM

« C’est comme si tu laisses une pinte de lait sur le comptoir toute la nuit, il est peut-être correct ton lait, mais tu vas sûrement t’en racheter une autre », a illustré le professeur. Il précise que les compagnies garantissent l’efficacité du produit lorsque les instructions de conservation et d’administration sont suivies à la lettre.

Le fait de recevoir une troisième dose n’est pas inquiétant selon André Veillette. « Il y a bien des chances que l’on va tous, ou certaines personnes, avoir besoin d’une troisième dose. Je ne pense pas que ça va être un problème, ça pourrait même être un avantage », a déclaré le chercheur.

« Je pense qu’il y a plus de risque à ne pas avoir de dose additionnelle qu’à en avoir », a résumé André Veillette.

Le vaccin de Pfizer, à ARN messager, doit être conservé à basse température, car il est très instable. Les directives diffèrent pour un vaccin à adénovirus comme celui d’AstraZeneca, qui peut être exposé à une température plus élevée.