À Montréal, plus de la moitié des éclosions communautaires actives sont associées à des rencontres dans les parcs, a révélé la directrice régionale de santé publique, la Dre Mylène Drouin, en point de presse mercredi.

Mis à jour le 26 mai 2021
Suzanne Colpron
Suzanne Colpron La Presse

Sur 16 éclosions dans la communauté, neuf ont eu lieu dans des parcs. Un phénomène compréhensible, selon la Dre Drouin, en raison du long week-end marqué par le beau temps et du fait que les parcs sont le seul endroit où les Montréalais ont le droit de se rencontrer.

« Il y a eu un relâchement des mesures parce que, évidemment, les gens sont heureux de se revoir, souligne-t-elle. Donc, ils partagent la nourriture, ils partagent les verres, etc. », ce qui favorise la propagation du virus.

Sans être graves, ces éclosions de moins de 10 personnes rappellent aux gens que le virus circule toujours à Montréal, même dehors et malgré les progrès de la vaccination. Après une seule dose, le vaccin « est efficace de 60 à 70 % », cite le Dre Drouin.

Montréal a évité la troisième vague

Habituellement très prudente, Dre Drouin a félicité les Montréalais qui ont adhéré en grand nombre aux mesures sanitaires.

La directrice de l’agence de la santé publique a dit que si elle parlait autrefois de retarder la troisième vague, « là on l’a réellement évitée ».

Elle a néanmoins rappelé qu’il faut demeurer vigilant et continuer d’appliquer les mesures sanitaires puisque la pandémie n’est pas terminée.

Les chiffres, toutefois, sont encourageants : 1483 cas la semaine dernière, soit une moyenne qui s’approche des 215 à 220 cas par jour, selon la Santé publique.

Moins de 96 cas ont été rapportés dans les 24 dernières heures. Des chiffres qu’on n’avait pas vus depuis longtemps, confirme Alain Lamarre, professeur et chercheur en immunologie et en virologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Cette baisse des cas recensés est aussi associée à une baisse du nombre de dépistages, donc même si « Montréal est sur la bonne voie », mieux vaut ne pas déconfiner trop hâtivement, prévient Dre Drouin.

Les villes de Montréal, Laval et quelques MRC de la province telles que Montmagny, Kamouraska et Rivière-du-Loup passeront en zone orange le 7 juin prochain, tandis que la majorité des régions du Québec pourront changer de couleur une semaine plus tôt.

Une décision que le Dr Lamarre juge bien avisée compte tenu des circonstances. « C’est prudent. C’est vrai que Montréal n’a pas eu de troisième vague […] mais ça ne descendait pas rapidement. On a été sur un plateau pendant plusieurs semaines. »

Malgré ce délai de sept jours, le couvre-feu sera aboli dans la métropole comme partout au Québec et les restaurants pourront à nouveau servir des clients sur les terrasses dès vendredi, ce qui va permettre à la population de retrouver un peu plus de liberté, rassure le chercheur.

Dans l’ensemble, les régions du Québec se sont plutôt bien tirées d’affaire au regard de la troisième vague, estime le spécialiste en réponses immunitaires.

Il ajoute que la situation sanitaire s’améliore nettement dans les secteurs qui ont été parmi les plus touchés, à Chaudière-Appalaches notamment.

Le Dr Lamarre se dit optimiste en vue de l’automne prochain, à condition que la campagne de vaccination maintienne son rythme de croisière.

À ce sujet, Dre Drouin a fait appel non pas aux jeunes milléniaux, mais au groupe des 40-55 ans pour prendre un rendez-vous, reconnaissant que la campagne pour les personnes âgées de 39 ans et moins a débuté il y a seulement trois semaines. Ce qui pourrait expliquer pourquoi le pourcentage avoisine les 60 % pour les populations plus jeunes.

Avec La Presse Canadienne