(Ottawa) Les rassemblements et les activités à l’intérieur ne devraient pas reprendre leur cours normal avant l’automne, prévoit l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Le masque tombera-t-il en même temps que les feuilles ? Là-dessus, on demeure prudent, alors qu’au sud de la frontière, on vient d’autoriser l’abandon du masque entre personnes pleinement vaccinées.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Les autorités de santé publique locales pourront lever davantage de mesures et autoriser plus d’activités à l’intérieur en compagnie de personnes provenant d’un autre ménage « dans la mesure où 75 % des personnes admissibles au vaccin ont reçu leurs deux doses et sont entièrement vaccinées », a prescrit l’ASPC dans une projection publiée vendredi.

On envisage tout de même un certain assouplissement pour la saison estivale, mais dans la mesure où l’on atteint un seuil de 75 % des personnes admissibles qui ont reçu une première dose de vaccin, et où 20 % ont été injectés deux fois.

ILLUSTRATION FOURNIE PAR L’AGENCE DE LA SANTÉ PUBLIQUE DU CANADA

« Camping, randonnées pédestres, pique-niques » et rassemblements de petits groupes en plein air avec famille et amis figurent parmi les activités qui pourront alors être au menu – en revanche, il faudra continuer de suivre les conseils de la Santé publique, pratiquer la distanciation physique, porter le masque, et « éviter les foules », a détaillé l’ASPC.

Bref, des assouplissements qui ne sont pas bien différents de ceux de l’été 2020…

Mais la différence, c’est que l’été 2021 pourrait ne pas être suivi d’une résurgence des cas à l’automne, grâce à la vaccination. D’ailleurs, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de l’ASPC, a affirmé du bout des lèvres que l’on entrevoyait « des signes d’espoir que le pic de la troisième vague serait passé » au Canada.

Masques : trop tôt pour se prononcer

Pour l’heure, l’ASPC ne veut pas s’avancer sur le moment où les masques pourront tomber, contrairement à ce qu’ont fait les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis. L’agence nationale a autorisé les Américains qui ont reçu deux doses à se dénuder le visage, jeudi.

« Je crois que le masque sera probablement la dernière couche de toutes les couches de protection que nous allons conseiller aux gens d’abandonner », a dit la Dre Tam, sans s’avancer sur un échéancier. « Les données nous permettront de déterminer quand ce moment clé sera arrivé », a-t-elle argué.

Son bras droit, le DHoward Njoo, a fait valoir que l’approche sanitaire canadienne était plus « collective » qu’« individuelle » en cette matière, et s’apparentait donc davantage à celle du Royaume-Uni qu’à celle de nos voisins du Sud.

Sinon, d’ici là, pendant que la campagne de vaccination printanière se poursuit, il est toujours recommandé de rester chez soi dans la mesure du possible et d’aller se faire vacciner, si ce n’est pas déjà fait, indique-t-on dans les mêmes lignes directrices.

Celles-ci sont émises à titre indicatif ; il revient aux provinces de trancher ces questions, y compris le port du masque. Le gouvernement du Québec peaufine ces jours-ci son plan de déconfinement. Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a promis de le rendre public sous peu.

Aux États-Unis, où la compétence en santé est aussi décentralisée, la recommandation – non contraignante – des CDC entourant le masque a semé une certaine confusion. Selon ce que rapportait vendredi l’AFP, on se demandait qu’en faire, de New York au Texas, notamment du côté des entreprises et des commerces.

Livraisons record de 4,5 millions

En date du 14 mai, plus de 42 % de la population, et plus de 50 % de la population adulte, a reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19, s’est félicitée la ministre de l’Approvisionnement, Anita Anand, en conférence de presse.

Le Canada s’est détaché du peloton des pays du G20 au cours des dernières semaines. Après avoir été à la traîne pendant des mois, il trône désormais au sommet du groupe des 20 au chapitre du nombre de doses administrées par personne, a-t-elle souligné.

Selon les données du site Our World in Data, produit par des chercheurs associés à l’Université d’Oxford, la moyenne mobile sur sept jours de la vaccination par tranche de 100 personnes au Canada est supérieure à celle des États-Unis, où l’hésitation vaccinale menace l’atteinte d’une immunité collective.

CAPTURE D’ÉCRAN D’OUR WORLD IN DATA

Vaccination par tranche de 100 habitants, pays du G20

Et la cadence est sur le point de s’accélérer encore : la semaine prochaine seulement, un nombre record de 4,5 millions de doses des vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna (3,4 millions du premier, 1,1 million du second) arriveront au pays, a annoncé la ministre Anita Anand.

Une portion des arrivages de Pfizer-BioNTech qui étaient prévus la semaine suivante a été devancée en raison du jour férié du 24 mai, a précisé la ministre.