Plusieurs centaines de milliers de doses d’AstraZeneca reposent dans des congélateurs canadiens, au moment où la demande pour ce vaccin contre la COVID-19 est pour le moins incertaine.

Roxanne Ocampo La Presse Canadienne

Les autorités fédérales ont confirmé jeudi l’arrivée de 655 000 doses supplémentaires par le biais de COVAX, ce programme international conçu pour fournir un accès équitable aux vaccins, surtout dans les pays défavorisés. La date de péremption de ce lot est fixée vers la fin du mois d’août, a-t-on précisé.

Cette livraison vient s’ajouter à entre 250 000 et 270 000 doses inutilisées, qui devront être écoulées d’ici la fin juin, selon les données fournies jeudi par le major général Dany Fortin, qui supervise le déploiement de vaccins au pays.

Et ces nouvelles réserves tarderont à être redistribuées aux provinces, tandis que l’utilisation du produit d’AstraZeneca a été limitée encore davantage cette semaine.

Rappelons que ce vaccin est possiblement lié à un effet secondaire grave, mais rarissime. Sur plus de deux millions de doses administrées au Canada, 18 cas de thrombose induite par le vaccin ont été confirmés à ce jour et 10 autres font l’objet d’une enquête.

La plupart des provinces ont récemment annoncé qu’elles cesseraient d’administrer le vaccin d’AstraZeneca comme première dose.

C’est le cas du Québec, où l’on continue toutefois de recommander aux personnes âgées de 45 ans et plus qui ont reçu une première dose d’AstraZeneca d’en recevoir une deuxième. Il reste à voir dans quelle proportion ces personnes se prévaudront plutôt de la possibilité d’obtenir un vaccin ARNm, c’est-à-dire un produit développé par Pfizer ou Moderna.

Vendredi, le ministère de la Santé du Québec dénombrait moins de 1000 doses restantes d’AstraZeneca dans la province, avec une date de péremption fixée au 31 mai ou au 30 juin, selon les lots.

Mais pas moins de 148 000 doses supplémentaires sont attendues d’ici deux semaines, via l’arrivage de COVAX. Il s’agit de la dernière commande d’AstraZeneca prévue pour l’instant au Québec, selon une porte-parole du ministère.

Aucune dose n’a été gaspillée jusqu’à maintenant, a indiqué Marie-Hélène Émond dans un courriel à La Presse Canadienne.

« Évidemment, il y aura peut-être moins de gens prêts à recevoir le vaccin d’AstraZeneca comme deuxième dose, mais il est important d’avoir quand même cette option en ce moment », a affirmé vendredi l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam.

« Nous devons bien sûr évaluer l’utilisation, une utilisation réfléchie et éthique, des vaccins que nous avons au pays et nous ne devrions pas accepter d’autres doses que nous ne pourrons pas utiliser », a-t-elle ajouté en conférence de presse.

La Santé publique fédérale attend notamment les résultats d’essais cliniques réalisés au Royaume-Uni pour formuler des recommandations sur les deuxièmes doses à privilégier chez les personnes déjà inoculées avec AstraZeneca.

Entre-temps, ces stocks ont-ils été inutilement détournés de pays qui en avaient désespérément besoin ?

Selon le major général Dany Fortin, il serait prématuré de conclure que les réserves ne pourront pas être écoulées. Un avis partagé par la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu.

« Je m’attends à ce que les doses de vaccin, peu importe leur type, ne soient pas gaspillées », a-t-elle maintenu vendredi.